GB-May dévoile sa nouvelle stratégie industrielle post-Brexit

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    LONDRES, 23 janvier (Reuters) - La Première ministre 
britannique a publié lundi les grandes lignes de sa stratégie 
industrielle, destinée à la fois à développer les secteurs clés 
et à protéger l'économie britannique des turbulences causées par 
la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. 
    Dans sa "Stratégie industrielle moderne", Theresa May 
demande de la part des industriels davantage de collaboration en 
échange du soutien du gouvernement en matière de réglementation, 
de commerce et de recherche. 
    Cette nouvelle approche interventionniste tranche avec le 
traditionnel "laissez-faire" conservateur dont Margaret 
Thatcher, lointaine devancière de Theresa May, avait été le 
chantre. 
    "Ce qui sous-tend cette stratégie, c'est une nouvelle 
approche du gouvernement, ne plus rester en retrait mais 
endosser un nouveau rôle actif pour en soutien des entreprises", 
écrit May dans un livre blanc publié lundi. 
    May demande aux entreprises de travailler ensemble à relever 
de nouveaux défis industriels spécifiques. Elle a notamment pris 
l'exemple de collaborations qui ont permis d'attirer des 
investissements étrangers comme ceux de Nissan  7201.T  ou de 
rendre des entreprises comme BAE Systems  BAES.L  plus 
compétitives. 
    De son côté, le gouvernement s'engage avec des "accords de 
branche", visant à aplanir les obstacles réglementaires, à 
étudier la manière dont les investissements peuvent aider à 
doper les exportations, et à soutenir la création de nouvelles 
organisations pour développer innovation et compétences. 
    Le gouvernement a souligné les progrès déjà réalisés grâce à 
des accords dans un certain nombre d'industries notamment dans 
les secteurs des sciences de la vie, des véhicules peu polluants 
ou de l'industrie nucléaire. 
      
    DIX PILIERS STRATÉGIQUES 
    Ce plan aspire à distribuer les richesses plus 
équitablement, après des décennies de déclin industriel en 
Grande-Bretagne. 
    Il vise à doper la productivité de l'économie britannique, 
longtemps à la traîne de celles de l'Allemagne et de la France, 
et cite des exemples positifs d'interventionnisme ciblé aux 
Etats-Unis ou en Corée du Sud. 
    Dans son Livre blanc, le gouvernement énumère 10 piliers 
stratégiques autour desquels s'articulera la nouvelle stratégie, 
comme la formation ou l'amélioration des chaînes 
d'approvisionnement. 
    Certains secteurs figurent en tête des priorités 
gouvernementales, qui vont de la gestion des déchets à la 
construction de nouvelles centrales nucléaires.  
    Mais tous les professionnels ne pensent pas que leur secteur 
bénéficieront de cette nouvelle stratégie. 
    Un responsable de l'industrie de la grande consommation, qui 
a préféré gardé l'anonymat, a jugé que les biens de consommation 
étaient loin de figurer en tête de liste. 
    "Les secteurs hautement qualifiés et à hauts salaires, c'est 
ce qui soutient les investissements et la croissance. 
L'industrie pharmaceutique, l'industrie lourde, l'industrie 
technologique- tous ces secteurs seront toujours les plus 
favorisés", a-t-il dit.     
     
    RETOUR EN GRÂCE 
    Depuis sa prise de fonctions après le vote en faveur du 
Brexit, May a voulu un retour en grâce du concept démodé de 
stratégie industrielle. 
    Le Brexit menace d'affaiblir le secteur des services 
financiers. Plusieurs banques, qui craignent de perdre l'accès 
au marché unique, envisagent de délocaliser des milliers 
d'emplois. 
    May a déclaré la semaine dernière que le Royaume-Uni 
quitterait le marché unique européen en même temps que l'Union 
européenne, s'orientant sur la voie d'un "Brexit dur". 
  
    "L'idée que le gouvernement veuille développer une stratégie 
pour l'industrie britannique alors que (le Royaume-Uni) 
s'apprête à se retirer imprudemment du marché unique est 
risible", a déploré Don Foster, l'un des porte-parole du parti 
libéral démocrate, pro-européen. 
    May présentera l'intégralité de ses propositions, notamment 
ses plans pour développer l'enseignement des compétences 
techniques et ses projets d'infrastructure d'un montant de 556 
millions de livres (645 millions d'euros) lors d'un conseil des 
ministres extraordinaire qui se tiendra pour l'occasion dans le 
nord-ouest de l'Angleterre. 
 
 (Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité 
par Vérnoique Tison) 
 

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