GB-Les salaires, élément clé de la remontée des taux-BoE

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* Les salaires ne devraient augmenter que de 1,25% cette année * L'évolution des salaires déterminera celle des taux, dit la BoE * Les capacités inemployées revues en baisse, à environ 1% du PIB (Avec précisions, commentaires de Carney, réaction des marchés) par David Milliken et Paul Sandle LONDRES, 13 août (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE) a annoncé mercredi s'attendre à une progression des salaires bien plus lente qu'anticipé jusqu'à présent et elle a souligné le lien entre cette progression et l'évolution de ses taux d'intérêt, laissant entendre qu'elle n'était pas pressée de resserrer sa politique monétaire. Une heure seulement après l'annonce d'une baisse de 0,2% du salaire moyen britannique en rythme annuel au deuxième trimestre - la première depuis plus de cinq ans - la BoE a ramené sa prévision 2014 de hausse des salaires à 1,25%, deux fois moins que prévu il y a seulement trois mois. La livre sterling a chuté après ces annonces, au plus bas depuis dix semaines face au dollar américain, tandis que les emprunts d'Etat britanniques effaçaient une partie de leurs pertes du début de séance, les investisseurs revoyant à la baisse la probabilité estimée d'une première hausse de taux avant la fin de l'année. La banque centrale a précisé prévoir une baisse du chômage plus rapide qu'anticipé jusqu'alors et suggéré que le chômage pourrait diminuer davantage qu'estimé auparavant avant d'alimenter les tensions salariales. Elle a parallèlement revu en hausse ses prévisions de croissance. Le gouverneur Mark Carney a déclaré que le rythme de reflux du taux de chômage avait fait disparaître les marges de manoeuvre permettant une poursuite de la croissance sans inflation. Mais il a précisé que les capacités inemployées de l'économie (le "slack") semblaient plus importantes qu'estimé initialement. "Quelles qu'en soient les causes, ces évolutions suggèrent que l'économie peut supporter un degré plus élevé d'emploi et un taux de chômage plus faible sans générer des tensions inflationnistes supplémentaires", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. Pour la BoE, c'est l'évolution des salaires qui sera l'élément clé déterminant le calendrier précis de remontée des taux. UNE PREMIÈRE HAUSSE DE TAUX EN FÉVRIER ? "A la lumière de la montée des incertitudes sur le niveau actuel des capacités inemployées, le Comité (de politique monétaire) a noté l'importance de la surveillance de l'évolution attendue des coûts, notamment salariaux", explique-t-elle dans son rapport trimestriel sur l'inflation. Ses prévisions sont fondées sur l'anticipation par les marchés financiers d'une première hausse des taux d'intérêt en février prochain, trois mois plus tôt que dans l'hypothèse privilégiée en mai. Le rapport réaffirme que la remontée des taux devrait être graduelle et qu'elle devrait porter son taux directeur à un niveau bien inférieur à celui considéré comme normal avant la crise financière. La BoE estime désormais les capacités inemployées à environ 1% du produit intérieur brut (PIB), contre 1,25% en février et en mai. Elle avait auparavant déclaré vouloir attendre une réduction marquée de ces capacités inemployées avant de commencer à relever son taux directeur. L'économie britannique devrait enregistrer cette année une croissance supérieure à celle des autres grands pays industrialisés (la BoE table désormais sur 3,5%). Mais elle vient tout juste de retrouver son niveau d'avant la crise financière et malgré une hausse marquée des prix immobiliers, la progression des salaires au Royaume-Uni reste lente. Les statistiques publiées mercredi montrent même une baisse de 0,2% des rémunérations au deuxième trimestre par rapport à la période correspondante de l'an dernier. Le taux de chômage, lui, est déjà revenu à 6,4% et la BoE s'attend désormais à ce qu'il tombe à 5,4% dans deux ans. La banque centrale a parallèlement revu en baisse - à 5,5% contre 6,25% - le taux de chômage à partir duquel la bonne santé du marché du travail alimente les tensions inflationnistes. L'inflation, elle, devrait avoisiner 1,8% à un horizon de deux ans, contre 1,9% actuellement. Les économistes interrogés par Reuters prévoient en moyenne un relèvement du taux d'intervention de la BoE au premier trimestre 2015 mais la probabilité estimée par les marchés d'une hausse d'ici novembre est d'environ un tiers. (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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