GB-La dissuasion nucléaire s'invite dans la campagne électorale

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LONDRES, 9 avril (Reuters) - Le Parti conservateur du Premier ministre David Cameron accuse le dirigeant travailliste Ed Miliband de vouloir remettre en cause la force de dissuasion nucléaire de la Grande-Bretagne, dans l'espoir de parvenir à un accord de gouvernement avec les nationalistes écossais après les élections législatives du 7 mai. "Pour Ed Miliband, notre sécurité et notre Royaume-Uni ne sont qu'objets de marchandage", écrit le secrétaire à la Défense Michael Fallon dans le Times de jeudi. Cette accusation a été rejetée par le numéro un du Labour, qui a affirmé que son parti, s'il revenait au pouvoir, avait bien l'intention de renouveler la flotte de sous-marins nucléaires de la Royal Navy. Les élections législatives du mois prochain s'annoncent très serrées et ni les Tories ni les travaillistes ne devraient avoir de majorité. Selon Michael Fallon, le Labour chercherait à revenir à Downing Street grâce à un accord avec le Parti national écossais (SNP), farouchement opposé à tout renouvellement de la flottille de sous-marins nucléaires. Les quatre sous-marins de la classe Vanguard équipés de missiles nucléaires Trident sont basés à Faslane, près de Glasgow, la plus grande ville d'Ecosse. Dans le Times, Michael Fallon accuse Ed Miliband, qui s'est opposé en 2010 à son frère David pour prendre la direction du parti, d'être prêt à tout afin d'assouvir sa soif de pouvoir. "Ed Miliband a poignardé son propre frère dans le dos pour devenir le dirigeant du Labour. Maintenant il veut poignarder le Royaume-Uni dans le dos pour devenir Premier ministre et mettre en danger la sécurité de notre pays", affirme le ministre de la Défense. Ed Miliband a répliqué que son parti s'était clairement prononcé en faveur de la composante navale de la dissuasion nucléaire. "Le Parti conservateur essaie de nous diviser", a-t-il dit lors d'une réunion publique. "Inventer des désaccords là où il n'y en a pas, et sur des questions de sécurité nationale, c'est franchement une manière pathétique et ridicule de faire campagne", a-t-il lancé. Le remplacement des quatre sous-marins nucléaires devrait coûter plus de 20 milliards de livres (27,5 milliards d'euros). Une décision sur ce renouvellement est attendue l'an prochain. (William James avec Michael Holden, Guy Kerivel pour le service français)

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