GB-L'immobilier, jugé très attractif avant le Brexit, vacille

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    par Sujata Rao 
    LONDRES, 8 juillet (Reuters) - L'immobilier d'entreprises 
britannique a fait les unes de la presse internationale cette 
semaine, victime d'un mouvement de panique à la suite du vote 
des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne 
(UE), scrutin qui a poussé les gérants à "geler" plus de 20 
milliards de dollars (18 milliards d'euros) dans leurs fonds. 
    Confrontés à la chute de la livre et aux prévisions de 
récession liées au "Brexit", les fonds immobiliers des grandes 
sociétés de gestion d'actifs comme Standard Life et Henderson ne 
peuvent plus promettre les rendements juteux qu'ils offraient 
quant le marché des bureaux à Londres était en pleine 
effervescence.     
    Les nombreux investisseurs britanniques et internationaux, 
qui s'étaient tournés vers cet actif peu liquide comme une 
alternative plus rentable aux taux de plus en plus bas sur le 
marché obligataire, ont demandé en masse à récupérer leur mise.  
    Face à cet afflux de sorties, les gérants ont préféré 
suspendre les rachats de parts afin d'éviter, comme ce fut le 
cas pendant la crise financière de 2008, de devoir procéder en 
catastrophe à des ventes forcées d'immeubles, qui avaient 
entraîné des baisses de prix à Londres allant jusqu'à 40%. 
    La suspension des transactions permet aux fonds de se donner 
un peu plus de temps pour vendre des immeubles afin de dégager 
les liquidités nécessaires à la satisfaction des demandes de 
rachats de parts. 
    Par rapport à la crise financière de 2008, les montants 
investis dans l'immobilier sont nettement plus élevés, les 
investisseurs ayant été attirés sur les marchés les plus actifs 
comme New York ou Singapour, dans un contexte de rendements 
extrêmement faibles, voire négatifs, sur le marché obligataire. 
         
    $650 MDS INVESTIS DANS L'IMMOBILIER 
    L'exposition des fonds souverains à l'immobilier est passée 
à 6% en 2015, contre 3% en 2012, selon une étude récente 
d'Invesco, et une enquête Reuters a montré que, globalement, les 
fonds d'investissement détenaient en moyenne 2,9% de leurs 
actifs dans l'immobilier, au plus haut depuis au moins cinq ans. 
    En termes absolus, la valeur des investissements dans 
l'immobilier de bureaux dépassait les 650 milliards de dollars 
au niveau mondial fin 2015, plus du quadruple de 2009, selon les 
estimations du site Statista. 
    Les déboires des investisseurs ayant placé leur argent dans 
des fonds immobiliers tendent à rappeler que la liquidité est un 
facteur essentiel et à jouer en faveur des foncières cotées 
(REIT). 
    Toutefois, celles-ci ont également bien souffert depuis le 
référendum, certaines foncières comme F&C Commercial Property 
Trust  FCPTL.L  ou Schroders Real Estate Investment Trust 
 SREI.L  par exemple ayant perdu jusqu'à 20% en deux semaines. 
    Quelles sont les perspectives d'avenir? 
    Certains investisseurs comme les fonds souverains pourront 
attendre une accalmie et que le Royaume-Uni ait commencé à 
négocier les conditions de sa sortie effective de l'UE. 
    Beaucoup d'acteurs de ce marché s'attendent néanmoins à ce 
que, même avec les suspensions en vigueur, les fonds soient 
forcés de brader un grand nombre d'immeubles, ce qui 
déclencherait une chute des prix à l'échelle de l'ensemble du 
territoire. 
    UBS s'attendait déjà, avant le Brexit, à une baisse des prix 
de 4% à 10% dans la City sur la période 2017-2018 en raison des 
nombreux chantiers en cours. Le repli de la demande lié au 
Brexit pourrait provoquer des pertes encore plus lourdes, ajoute 
la banque suisse.   
 
 (Avec Simon Jessop et Carolyn Cohn, Juliette Rouillon pour le 
service français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 

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