GB-Extradition aux USA validée pour un trader accusé de fraude

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    LONDRES, 14 octobre (Reuters) - La justice britannique a 
rejeté vendredi le recours déposé contre son extradition aux 
Etats-Unis par un trader accusé d'avoir joué un rôle dans le 
"flash crash" de Wall Street en 2010 en plaçant de faux ordres.  
    Navinder Sarao, 37 ans, qui travaillait à l'époque sur le 
Chicago Mercantile Exchange (CME) depuis le domicile de ses 
parents près de l'aéroport de Heathrow, doit comparaître aux 
Etats-Unis pour 22 chefs d'inculpation, dont ceux de fraude 
informatique, fraude sur les matières premières et manipulation 
de marché.  
    Il nie tous les faits qui lui sont reprochés et dans ses 
seules déclarations publiques à ce jour sur le dossier, il a 
expliqué qu'il était simplement doué.  
    Son extradition devrait avoir lieu dans un délai de 28 
jours. 
    La justice américaine accuse Sarao d'avoir utilisé une 
version modifiée d'un programme informatique de trading pour 
"tromper" les marchés en générant de grandes quantités d'ordres 
de vente qui ont eu pour effet de faire baisser les cours, puis 
d'avoir annulé ces ordres et racheté les contrats concernés en 
profitant de la baisse des cours, empochant au passage quelque 
40 millions de dollars (36,4 millions d'euros). 
    Elle ajoute que ces transactions ont alimenté l'instabilité 
du marché qui a conduit le 6 mai 2010 à un bref plongeon de plus 
de 1.000 points de l'indice Dow Jones de la Bourse de New York, 
qui avait, pendant quelques secondes, fait fondre la 
capitalisation du marché américain de près de 1.000 milliards de 
dollars. 
    Les avocats de Sarao ont argué du fait que des experts 
avaient conclu que le comportement du trader n'avait aucun lien 
avec ce "crash éclair".  
    En mars, un juge britannique a exprimé ses doutes sur le 
rôle du trader dans cet événement tout en notant que le "flash 
crash" ne concernait que l'une des quelque 400 séances de 
cotation visées par les poursuites américaines.  
    Si sa culpabilité est établie, Sarao encourt jusqu'à plus de 
350 ans de prison.  
    Un trader américain inculpé pour des faits comparables n'a 
toutefois écopé "que" de trois ans de prison en juillet, 
devenant ainsi la première personne condamnée au pénal dans un 
dossier de manipulation de marché.      
    
 
 (Michael Holden; Marc Angrand pour le service français) 
 
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