GB-Deux femmes pour briguer la succession de David Cameron

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 (Ajoute déclarations de Leadsom §10,16) 
    par Kylie MacLellan, William James et Elizabeth Piper 
    LONDRES, 7 juillet (Reuters) - Les parlementaires 
conservateurs britanniques ont sélectionné jeudi la ministre de 
l'Intérieur Theresa May et la ministre eurosceptique de 
l'Energie Andrea Leadsom pour briguer la présidence de leur 
parti et succéder au Premier ministre David Cameron. 
    Theresa May a obtenu 199 suffrages de la part de ses 
collègues députés, devançant largement sa rivale Andrea Leadsom, 
qui a recueilli 84 voix. Le ministre de la Justice Michael Gove, 
partisan du Brexit qui avait brusquement retiré son soutien à 
l'ex-maire de Londres Boris Johnson la semaine passée, est 
éliminé de la course à la succession de Cameron, n'ayant réuni 
que 46 voix. 
    "Ce vote montre que le Parti conservateur peut s'entendre et 
il le fera sous ma direction", a lancé Theresa May après 
l'annonce des résultats. 
    Les quelque 150.000 membres du Parti tory vont maintenant se 
prononcer dans toute la Grande-Bretagne pour choisir entre May 
et Leadsom la future patronne des conservateurs qui deviendra la 
première femme chef du gouvernement depuis Margaret Thatcher, 
contrainte de quitter ses fonctions en 1990. 
    Le résultat de cette consultation nationale devrait être 
connu le 9 septembre, ce qui signifie que chefs d'entreprise et 
investisseurs vont devoir patienter pendant deux mois avant de 
savoir qui aura la responsabilité de négocier le divorce entre 
la Grande-Bretagne et l'Union européenne. 
    Theresa May, 59 ans, occupe depuis six ans l'un des 
ministères les plus difficiles à gérer tandis que Leadsom, 53 
ans, secrétaire d'Etat à l'Energie depuis 2015, n'avait jamais 
eu de fonctions gouvernementales. 
    Malgré une très nette avance lors du vote des élus 
conservateurs, Theresa May est loin d'être assurée de la 
victoire. 
     
    DES MILITANTS EUROSCEPTIQUES 
    Pendant la campagne sur le maintien ou la sortie de l'UE, 
elle s'était prononcée discrètement en faveur du "remain", 
tandis que sa rivale Leadsom s'était clairement engagée en 
faveur du "leave". 
    Ces deux positions antagonistes pourraient avoir une 
influence dans le choix que vont devoir faire les militants 
conservateurs parmi lesquels les eurosceptiques sont nombreux. 
    Elle a également déclaré jeudi soir dans une interview à ITV 
news qu'elle désapprouvait le mariage homosexuel instauré par 
David Cameron et qu'elle s'engagerait, si elle est élue, à 
revenir sur l'interdiction de la chasse au renard, deux thèmes 
potentiellement porteurs chez les Tories. 
    Leadsom, qui a obtenu son premier mandat de députée en 2010, 
a promis que si elle devait négocier la sortie britannique, elle 
chercherait avant tout à obtenir des garanties de libre échange 
avec le bloc communautaire. 
    Une telle disposition ne semble envisageable du point de vue 
des Européens qu'en échange de la libre circulation des 
ressortissants européens et de la possibilité pour eux de 
s'installer en Grande-Bretagne.  
    Le camps du "leave" a mobilisé une partie de l'électorat 
britannique en promettant un contrôle de l'immigration, y 
compris des ressortissants de pays membres de l'UE. 
    Tout au long de la campagne, Andrea Leadsom a mis en avant 
ses 25 années d'expérience dans les services financiers, 
notamment à la banque Barclays et chez le gestionnaire de fonds 
Invesco Perpetual. 
    Il semble toutefois que Leadsom ait quelque peu enjolivé sa 
carrière. Reuters a interrogé cinq de ses collègues chez 
Invesco, dont quatre cadres dirigeants, qui ont déclaré que 
Leadsom n'avait pas un rôle important et ne gérait pas l'argent 
des clients.  
    Sur les ondes de la BBC, elle a jugé "ridicules" ces 
interrogations sur son CV qui, a-t-elle dit, est "absolument 
vrai".  
 
 (Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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