GB-Des musulmans s'élèvent contre la lettre d'un ministre

le
0

LONDRES, 19 janvier (Reuters) - Un dignitaire musulman britannique a accusé un ministre d'avoir repris le discours de l'extrême droite dans la lettre qu'il a adressée aux imams pour leur demander d'expliquer aux 2,8 millions de musulmans du Royaume-Uni en quoi l'islam est compatible avec le fait d'être britannique. Dans cette lettre, adressée vendredi à un millier d'imams, Eric Pickles, ministre des Communautés et des Collectivités territoriales, les exhorte à expliquer de quelle façon l'islam peut être "partie intégrante de l'identité britannique" et leur signifie qu'ils ont la charge d'écarter quiconque propage la haine. "Nous allons écrire à M. Eric Pickles pour lui demander des éclaircissements sur la demande faite aux musulmans d'expliquer et démontrer en quoi l'islam peut être partie intégrante de l'identité britannique'", a déclaré Harun Khan, secrétaire général adjoint du Conseil musulman de Grande-Bretagne. "Est-ce que M. Pickles suggère par là fortement, comme le font des membres de l'extrême droite, que les musulmans et l'islam sont intrinsèquement en dehors de la société britannique ?", s'est-il interrogé. Dans la lettre, Eric Pickles et Tariq Ahmad, secrétaire d'Etat aux Affaires parlementaires et membre de la Chambre des Lords, écrivent que les imams doivent aider le gouvernement à parvenir à un objectif qu'il ne peut atteindre seul. "En tant que chefs de la communauté (musulmane), vous occupez une place unique dans notre société. Vous avez une occasion rare, et une responsabilité de taille: expliquer et démontrer comment l'islam peut être partie intégrante de l'identité britannique", lit-on dans la lettre. "Vous devez prouver à nos jeunes, particulièrement convoités par les extrémistes, que ces derniers n'ont rien à leur apporter(...), prouver à ceux qui propagent la haine qu'ils n'ont pas place dans nos mosquées pas plus que dans n'importe quel lieu de culte." Le Premier ministre, David Cameron, a pris fait et cause pour la lettre de son ministre, précisant l'avoir lue et être d'accord avec sa teneur. "J'estime que c'est la lettre la plus sage, la plus sensible et la plus modérée qu'Eric pouvait écrire", a dit le chef du gouvernement. (Andrew Osborn; Eric Faye pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant