GB-Cameron présente ses propositions de réformes à l'UE

le , mis à jour à 15:07
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* Cameron veut une refonte des relations avec Bruxelles * Il a promis un référendum sur le "Brexit" d'ici fin 2017 * "Il faut parfois moins d'Europe", dit-il * Bruxelles juge certaines demandes "hautement problématiques" par Kylie MacLellan, Elizabeth Piper et Alastair Macdonald LONDRES, 10 novembre (Reuters) - Le Premier ministre britannique David Cameron a présenté mardi ses propositions de réformes de l'Union européenne en vue d'éviter un "Brexit", le retrait du Royaume-Uni de l'UE sur lequel Londres a promis d'organiser un référendum d'ici la fin 2017. Marquant le début de la phase officielle des discussions, le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé avoir reçu la lettre très attendue de David Cameron, qui a présenté dans un discours devant l'Institut royal des affaires internationales ses exigences sur la refonte des relations entre Londres et Bruxelles. La Commission européenne a aussitôt jugé "hautement problématiques" certaines des exigences britanniques. David Cameron, soulignant que "la diversité est la plus grande force de l'Europe", souhaite notamment que l'UE s'implique moins dans certains aspects du fonctionnement des Etats membres. "Reconnaissons que la réponse à tous les problèmes n'est pas toujours plus d'Europe. C'est parfois moins d'Europe", a-t-il dit dans son discours à Chatham House. La Grande-Bretagne, a poursuivi David Cameron, ne réclamera pas de droit de veto pour s'opposer à des législations européennes mais les Parlements nationaux doivent disposer d'un moyen de le faire en groupe. "Nous ne demandons pas un droit de veto pour chaque Etat membre. Nous reconnaissons que, dans une Europe à 28, ce serait la paralysie, mais nous voulons un nouvel arrangement dans lequel les parlements nationaux doivent pouvoir se rassembler et rejeter des règles européennes qui ne correspondent pas à leur intérêt", a-t-il dit. EXIGENCES "HAUTEMENT PROBLÉMATIQUES" David Cameron a aussi réclamé davantage de contrôle des flux migratoires à l'intérieur de l'UE et estimé que le principe de libre circulation ne devait pas s'appliquer aux nouveaux Etats membres tant qu'il existe de grandes différences économiques. La Commission européenne a jugé "hautement problématiques" certaines exigences concernant la limitation des droits des travailleurs étrangers. "De prime abord, nous estimons qu'un certain nombre d'éléments sont faisables, comme trouver un moyen d'accroître le rôle des Parlements nationaux, que d'autres sont difficiles, comme celui d'une union toujours plus étroite et celui des relations entre membres et non membres de la zone euro, et que certains sont hautement problématiques dans la mesure où ils ont trait aux libertés fondamentales sur le marché intérieur", a déclaré Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission. "La discrimination directe entre citoyens européens entre clairement dans cette dernière catégorie", a-t-elle ajouté. Dans son discours, David Cameron a appelé les Britanniques et les Européens à soutenir son projet de réforme, dans lequel il voit une occasion d'assurer la prospérité de l'Union. Il a rappelé le rôle important de la Grande-Bretagne dans l'Union, tout en soulignant que son pays pourrait survivre à une sortie de l'UE si les électeurs le décidaient lors du référendum. "Il y aura ceux qui diront, ici comme ailleurs dans l'UE, que nous nous sommes engagés dans une 'mission impossible'. Je n'y crois pas une seconde. L'Union européenne a prouvé qu'elle savait résoudre les problèmes les plus inextricables. Elle peut résoudre aussi celui-ci. Attachons-nous à le faire car l'enjeu est de taille", a-t-il dit. "APPROCHE RAISONNABLE" A Bruxelles, Donald Tusk a déclaré que les discussions proprement dites sur les propositions britanniques débuteraient la semaine prochaine, avant un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit prévus les 17 et 18 décembre. Les négociations s'annoncent difficiles, notamment sur le statut des ressortissants des pays de l'Union qui travaillent en Grande-Bretagne. Il semble en outre pratiquement impossible de modifier le traité européen en seulement deux ans, d'ici le référendum britannique, car cela conduira plusieurs pays du bloc à organiser leurs propres consultations dans un climat de plus en plus eurosceptique. David Cameron demande notamment que les ressortissants de pays membres de l'UE qui viennent travailler au Royaume-Uni attendent quatre années avant de pouvoir bénéficier des prestations sociales. Il veut aussi interdire à ces travailleurs européens de transférer à l'étranger leurs allocations familiales, ce qui devrait être considéré comme une mesure discriminatoire. Il a demandé à ses partenaires européens de comprendre ses exigences qui, a-t-il souligné, "ne sont ni farfelues ni absurdes", et a essayé d'amadouer les eurosceptiques, notamment au sein de son propre parti conservateur. "Je dois être très clair. Je ne veux pas que cette approche raisonnable soit mal comprise. Etre raisonnable n'empêche pas la détermination", a-t-il lancé. "La Grande-Bretagne est la deuxième économie de l'UE. Nous sommes le deuxième contributeur au budget de l'Union. Avec la France, nous en sommes les premières puissances militaires. Nous recevons beaucoup de l'Union mais nous lui apportons beaucoup aussi." Le souverainiste Nigel Farage, chef de file de l'Ukip, le Parti de l'indépendance de la Grande-Bretagne, a dénoncé le manque d'ambition du Premier ministre dans les négociations à venir. La chancelière allemande Angela Merkel s'est entretenue au téléphone avec David Cameron dans la journée et s'est dite confiante sur l'issue des discussions, tout en reconnaissant qu'il y avait "quelques points difficiles". (Avec William James et Michael Holden; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

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