GB-Cameron lance la campagne pour les législatives

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* La Chambre des Communes dissoute, élections le 7 mai * L'issue du scrutin s'annonce particulièrement incertaine * Cameron s'appuie sur son bilan économique * Le Labour brandit le risque que créerait une sortie de l'UE (Actualisé avec rencontre entre Cameron et la Reine, déclarations de Cameron et Miliband) par Andrew Osborn LONDRES, 30 mars (Reuters) - La campagne pour les législatives britanniques du 7 mai, qui s'annoncent très indécises, a débuté officiellement lundi lorsque le Premier ministre britannique, David Cameron, est allé annoncer la dissolution du Parlement à la Reine Elisabeth. Illustration de cette incertitude, deux sondages publiés dimanche donnent des résultats exactement inverses: l'un crédite les conservateurs aux affaires d'une avance de quatre points sur le Labour, l'autre donne le même écart en faveur des travaillistes d'Ed Miliband. Un point fait cependant l'unanimité au sein des instituts d'enquête: aucun parti ne remportera une majorité à lui seul. Le paysage politique britannique est en effet très fragmenté et un premier débat télévisé organisé jeudi opposera, outre les chefs des deux grands partis, les dirigeants de cinq autres formations. Conformément à la tradition, David Cameron s'est rendu lundi matin à Buckingham Palace pour mettre fin symboliquement à la coalition au pouvoir depuis cinq ans, qui réunit conservateurs et libéraux démocrates. Le chef du gouvernement, qui brigue un nouveau mandat "pour finir le travail", a immédiatement ouvert les hostilités en s'adressant aux électeurs. "Dans 38 jours, vous serez devant un choix difficile. Le prochain Premier ministre qui passera cette porte sera moi-même ou Ed Miliband. A vous de choisir la croissance ou le chaos économique d'Ed Miliband", a-t-il déclaré sur le perron du 10 Downing Street. Le chef de file du Labour, qui présentait son programme en faveur des entreprises, a quant à lui promis de mener une politique plus juste et a souligné le danger "clair et présent" que fait planer le projet de référendum sur le maintien au sein de l'Union européenne, promis pour 2017 par le chef du gouvernement sortant. "C'est l'assurance de deux ans d'incertitude pendant lesquels l'investissement va se tarir", a affirmé Ed Miliband, qui met régulièrement en avant les risques qu'impliquerait un "Brexit", une sortie de la Grande-Bretagne de l'UE. Jusqu'au scrutin du 7 mai, le gouvernement Cameron doit se contenter d'expédier les affaires courantes et les 650 élus de la Chambre des Communes redeviennent des citoyens ordinaires. Outre l'avenir européen de la Grande-Bretagne, le vote de mai comprend plusieurs enjeux de taille tels que la question de l'équilibre des pouvoirs entre Londres et l'Ecosse, où le parti indépendantiste (SNP) est favori. L'AVENIR DU NHS EN QUESTION Quelques grands thèmes de campagne semblent devoir s'imposer: le déficit budgétaire (5,6% du PIB en 2013-2014), l'avenir du National Health Service (NHS), le système de santé public cher aux Britanniques mais à court d'argent, et l'immigration, sujet mis en avant par le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP). Conservateurs et travaillistes promettent de mieux maîtriser les flux migratoires et d'injecter plus d'argent dans le NHS. La principale différence entre les deux grands partis historiques porte sur la réduction du déficit : les Tories promettent de privilégier les économies budgétaires, tandis que le Labour souhaite une réduction plus graduelle et équitable. Même si l'économie britannique s'est rétablie après avoir connu sa plus grave récession depuis la Seconde Guerre mondiale et se targue de l'un des taux de croissance les plus forts des pays industrialisés, de nombreux électeurs disent ne pas en voir les bénéfices ou s'estiment insatisfaits pour d'autres raisons. L'immigration en provenance des pays de l'Est depuis l'élargissement de l'UE à l'Europe orientale nourrit par ailleurs le discours anti-immigrés de l'UKIP, qui prône également la sortie de l'Europe, rendue responsable de mesures d'austérité budgétaire qui se répercutent sur les salaires, l'école ou l'hôpital. En raison du mode de scrutin majoritaire à un tour, l'UKIP ne devrait pas gagner plus d'une poignée de sièges mais il obtient régulièrement des scores à plus de 10% susceptibles de siphonner une partie de l'électorat des Tories. Face à l'UKIP, David Cameron promet de réduire le flux net de migrants à quelques "dizaines de milliers" alors qu'il atteint aujourd'hui environ 300.000 personnes. En Ecosse, c'est le Parti travailliste qui est menacé sur sa gauche par le Parti national écossais (SNP), alors que le Labour compte traditionnellement un cinquième d'élus écossais. Ed Miliband a exclu par avance de gouverner en coalition avec le SNP, dont l'indépendance de l'Ecosse reste l'objectif affiché, mais il laisse la porte ouverte à un accord informel. (Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Marc Angrand)

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