GB-Cameron donné vainqueur, le Labour défait en Ecosse

le , mis à jour à 08:43
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* Les conservateurs vainqueurs selon les sondages et projections * David Cameron devrait rester Premier ministre * Victoire très nette pour les nationalistes en Ecosse * Le Labour et les libéraux-démocrates en difficulté * Un référendum sur le maintien dans l'UE attendu pour 2017 (Actualisé avec nouveaux résultats et projections, déclarations de Cameron et Miliband) par David Milliken et Kate Holton LONDRES, 8 mai (Reuters) - David Cameron devrait rester Premier ministre de Grande-Bretagne pour cinq ans supplémentaires grâce à une victoire d'une ampleur totalement inattendue aux législatives de jeudi. Le prochain gouvernement, quelle que soit la majorité sur laquelle il s'appuie, devra rapidement s'attaquer à deux dossiers délicats, l'avenir du Royaume-Uni dans l'Union européenne et les velléités d'indépendance de l'Ecosse. David Cameron a déclaré vendredi matin qu'il espérait former un gouvernement dans les prochains jours après ce qu'il a décrit comme "une nuit très forte pour le Parti conservateur". Peu avant, le chef de file de l'opposition travailliste, Ed Miliband, avait pratiquement concédé sa défaite en se disant "profondément désolé" pour les mauvais résultats de son parti. Pourtant crédité d'une campagne meilleure qu'attendu ces dernières semaines, Ed Miliband pourrait devoir faire face à des appels à la démission de la tête du Labour dès les prochaines heures. Après la fin du dépouillement dans 488 des 650 circonscriptions, les conservateurs détiennent 210 sièges la Chambre des communes et un sondage réalisé à la sortie des urnes leur en attribue 316 au final, non loin de la majorité absolue. Les Tories disposent en outre de plusieurs options pour former une coalition. De nouvelles projections de la BBC concluent même que David Cameron pourrait s'appuyer sur 325 sièges, une majorité de fait aux Communes puisque les quatre députés du Sinn Féin nord-irlandais n'exercent pas leur droit de vote. En Ecosse, longtemps un bastion du Labour, les nationalistes semblent avoir emporté la quasi-totalité des sièges, une victoire éclatante qui devrait relancer les revendications d'indépendance en soulignant la rupture politique entre nord et sud de la Grande-Bretagne. Sur le plan international, une conséquence d'un maintien de David Cameron au 10, Downing Street est d'ores et déjà connue: un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne au sein de l'Union européenne devrait avoir lieu d'ici deux ans, ce qu'a promis le Premier ministre sortant en cas de réélection. Selon le professeur de droit constitutionnel Vernon Bogdanor, la victoire des conservateurs, si elle est confirmée, sera un "triomphe" pour David Cameron. Il serait en effet le premier chef de gouvernement à gagner des sièges depuis Margaret Thatcher en 1983. La livre sterling a gagné du terrain face au dollar dès la publication des premières estimations, atteignant son plus haut niveau depuis fin février GBP=D4 et elle était en passe d'enregistrer sa plus forte progression en une journée face à l'euro EURGBP= depuis janvier 2009. "TSUNAMI" NATIONALISTE EN ECOSSE La Bourse de Londres était quant à elle attendue en hausse d'une centaine de points, soit autour de 1,5%, à l'ouverture des transactions. Jusqu'à jeudi, les deux grands partis qui gouvernent le Royaume-Uni en alternance étaient donnés au coude-à-coude dans les intentions de vote. Pour le Labour, le scrutin de jeudi se solde par une cuisante défaite. Le sondage sortie des urnes ne lui attribue que 239 sièges, ce qui constituerait son mauvais résultat depuis près de 30 ans. Et l'ampleur de la défaite travailliste face aux nationalistes en Ecosse risque fort de soulever un débat interne nourri sur la stratégie et la direction du parti. Le Parti nationaliste écossais (SNP) a d'ores et déjà remporté 55 des 59 sièges à pourvoir en Ecosse, rayant ainsi pratiquement le Labour de la carte électorale de la région. "Nous assistons à un tsunami électoral gigantesque", s'est enthousiasmé, Alex Salmond, l'ancien leader du SNP. "Le SNP sera impossible à ignorer et très difficile à arrêter", a-t-il dit en soulignant que le résultat du parti privait David Cameron de toute légitimité en Ecosse où le Parti conservateur n'aura pas de siège. Humiliation supplémentaire pour le Labour, Douglas Alexander, le directeur de la campagne du parti et son porte-parole pour la politique étrangère, a perdu son siège au profit d'une candidate SNP de 20 ans, Mhairi Black, qui devient ainsi la plus jeune élue aux Communes depuis 1667. Si David Cameron est contraint de trouver un allié pour former une coalition, il pourra se tourner soit vers les libéraux-démocrates, ses partenaires dans le gouvernement sortant, vers les unionistes d'Irlande du Nord, voire vers les deux. Les "Lib-Dem" ont pourtant eux aussi subi des revers et ils pourraient ne détenir que 10 sièges au final dans tout le pays, contre 57 dans le parlement sortant, une défaite sans appel pour leur chef de file Nick Clegg, vice-Premier ministre sortant, qui a parlé d'une nuit "cruelle et cuisante". Quant au Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui prône la sortie du pays de l'Union européenne, il devrait se contenter de deux sièges au mieux et son leader, Nigel Farage, pourrait être battu dans la circonscription où il se présentait, ce qui devrait le conduire à démissionner. TABLEAU des résultats ID:nL5N0XZ067 (avec Guy Faulconbridge, Paul Sandle, Ahmed Aboulenein, William James, Kylie MacLellan, Maytaal Angel, Angus MacSwan, Alistair Smout et Andy Bruce. Danielle Rouquié et Marc Angrand pour le service français)


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