GB-Boris Johnson, adepte d'un langage peu diplomatique

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    par Estelle Shirbon 
    LONDRES, 14 juillet (Reuters) - Voici quelques-unes des 
citations provocatrices du nouveau ministre britannique des 
Affaires étrangères Boris Johnson.  
     
    POÈME SUR LE PRÉSIDENT TURC RECEP TAYYIP ERDOGAN (MAI 2016) 
    Boris Johnson a remporté il y a deux mois un "concours de 
poèmes insultants" envers Tayyip Erdogan, organisé par 
l'hebdomadaire conservateur The Spectator en soutien à 
l'humoriste allemand Jan Böhmermann, poursuivi en justice par 
Ankara pour avoir lu à la télévision publique ZDF un poème 
satirique émaillé d'allusions sexuelles à l'encontre du 
président turc.   
 
    L'UE, HITLER ET NAPOLÉON (MAI 2016) 
    Chef de file du "Brexit", il a estimé dans un entretien au 
Sunday Telegraph que l'Union européenne suivait le chemin 
d'Adolf Hitler et de Napoléon en tentant de créer un super-Etat 
européen. 
    "Napoléon, Hitler, diverses personnes ont essayé de le faire 
et cela s'est terminé tragiquement", a-t-il dit.  
    "L'UE est une tentative de faire cela par des moyens 
différents. Mais fondamentalement, ce qui manque, c'est 
l'éternel problème, à savoir qu'il n'y a pas de véritable 
loyauté à l'idée d'Europe", a-t-il ajouté. "Il n'y a pas 
d'autorité unique que tout le monde respecte ou comprend. C'est 
ce qui cause cet énorme vide démocratique." 
 
    LE PRÉSIDENT OBAMA "EN PARTIE KÉNYAN" (AVRIL 2016) 
    A la veille de la visite de Barack Obama au Royaume-Uni 
cette année, Boris Johnson a écrit le commentaire suivant pour 
le quotidien The Sun: 
    "Quelque chose de mystérieux s'est produit quand Barack 
Obama est entré dans le Bureau ovale en 2009. Quelque chose a 
disparu de cette pièce et personne n'a pu expliquer pourquoi. 
C'était un buste de Winston Churchill, le grand chef britannique 
de l'époque de la Guerre. Personne ne sait vraiment si le 
président a lui-même été impliqué dans la décision. (...) 
Certains disent que c'était un symbole de l'aversion ancestrale 
du président en partie kényan pour l'empire britannique dont 
Churchill était un fervent défenseur." 
 
    "BRAVO A ASSAD (MARS 2016) 
    Sous le titre "Bravo à Assad : c'est un vil tyran mais il a 
sauvé Palmyre de l'EI", Boris Johnson écrit dans sa chronique 
hebdomadaire pour The Telegraph : 
    "Je ne peux cacher ma joie alors que la nouvelle arrive de 
Palmyre et que l'on apprend que l'armée syrienne a véritablement 
repris le contrôle du site entier de l'Unesco. 
    "Hourra, je dis. Bravo et continuez. Oui, je sais. Assad est 
un monstre, un dictateur. Il largue des barils d'explosifs sur 
son propre peuple. Ses prisons sont pleines d'opposants 
torturés. Lui et son père sont au pouvoir depuis des générations 
en faisant régner la terreur et la violence, et pourtant, il y a 
au moins deux raisons pour lesquelles toute personne saine 
d'esprit devrait avoir un sentiment de satisfaction à propos de 
ce que les troupes d'Assad ont accompli. 
    "La première est qu'aussi repoussant que soit le régime 
d'Assad - et il l'est - ses opposants de l'Etat islamique en 
Irak et au Levant (EIIL, ex-nom de l'Etat islamique, NDLR) sont 
très nettement pires. 
    "La victoire d'Assad est une victoire de l'archéologie, une 
victoire de tous ceux qui tiennent aux anciens monuments de l'un 
des sites culturels sur Terre les plus incroyables qui soit." 
     
    CRÉDIT A POUTINE (MARS 2016) 
    Dans la même chronique sur Assad et Palmyre, Boris Johnson 
écrit: "C'est Poutine qui (...) est venu à la défense de ses 
clients et aidé à renverser la tendance. (...) Si les troupes de 
Poutine ont aidé à déloger les maniaques de Palmyre, alors - 
j'ai de la peine à l'admettre - c'est à mettre en grande partie 
au crédit des Russes. 
    "Ils ont fait passer l'Occident pour inefficace. Et 
maintenant il est temps pour nous de faire amende honorable et 
de jouer de nos forces." 
     
    DONALD TRUMP (DÉCEMBRE 2015): 
    Donald Trump ayant affirmé que certains quartiers de Londres 
et Paris étaient devenus si radicalisés que les policiers, 
craignant pour leur vie, ne pouvaient y entrer, Boris Johnson 
répond: "Les propos mal informés de Donald Trump sont d'une 
absurdité totale. La seule raison pour laquelle je ne voudrais 
pas me rendre dans certaines parties de New York est le risque 
réel de rencontrer Donald Trump." 
 
     PICCANINNIES (JANVIER 2002) 
     Dans une chronique pour le Telegraph à propos d'un voyage 
en Afrique de Tony Blair, alors Premier ministre, Boris Johnson 
avait écrit: "On dit que la Reine en est venue à aimer le 
Commonwealth en partie parce qu'il lui fournit régulièrement des 
foules joviales de 'piccaninnies' agitant des drapeaux", 
employant un terme péjoratif à connotation raciste pour désigner 
les enfants noirs. Il avait également évoqué les "sourires de 
pastèques" des chefs tribaux. Il avait présenté ses excuses six 
ans plus tard. 
 
 (Kylie MacLellan; Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour 
le service français) 
 
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