Gaz de schiste : le gouvernement ne suit pas les recommandations du rapport Gallois

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Le gouvernement a officiellement annoncé qu'il ne tiendrait pas compte des propositions du rapport Gallois ayant trait aux gaz de schiste.
Le gouvernement a officiellement annoncé qu'il ne tiendrait pas compte des propositions du rapport Gallois ayant trait aux gaz de schiste.

Publié hier, le très attendu rapport Gallois sur la compétitivité prône l'exploitation des gaz de schiste dans nos frontières. Désireux de ne pas se mettre davantage l'opinion à dos, le gouvernement a choisi de ne pas retenir cette proposition. Le dossier ne semble pas clos pour autant...



« La ligne édictée par le président de la République lors de la conférence environnementale reste inchangée », ont indiqué les services du Premier ministre, cités par nos confrères du Parisien. Rappelons que François Hollande s'était catégoriquement opposé mi-septembre à une réouverture du dossier, désavouant ce faisant, entre autres, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, dont les propos ambigus au début de l'été avaient ulcéré les écologistes et les associations de protection de l'environnement.


Officiellement, il n'est donc pas question, à tout le moins pour le moment, de revenir sur l'interdiction de la fracturation hydraulique, en vigueur depuis l'année dernière. De même, l'Élysée a exigé le rejet de sept demandes de permis déposées auprès de l'État. Des dizaines n'ont toutefois pas été abrogés, comme l'a rappelé l'eurodéputée et présidente de Cap21 Corinne Lepage dans l'interview qu'elle a donnée à notre rédaction le mois dernier.


L'ancienne ministre de l'Environnement dit rester mobilisée et soutient que Paris n'a pas enterré les gaz de schiste. Et d'évoquer de fortes pressions au niveau européen tandis qu'aux États-Unis, où les hydrocarbures de roche-mère sont abondamment extraites, les « pro » n'ont de cesse de mettre en avant les milliers d'emplois créés et les bénéfices qu'engendrent l'exploitation des gaz, pétroles et huiles de schiste.


Des arguments qui sont aussi ceux du PDG de Total Christophe de Margerie, de la présidente du MEDEF (Mouvement des entreprises de France) Laurence Parisot et de l'ex-patron d'EADS Louis Gallois, tous partisans d'une prise en considération « désidéologisée » du potentiel français en termes d'hydrocarbures de roche-mère au nom de la défense de l'emploi, de la relance de la croissance et de l'indépendance énergétique.




« Un revirement du gouvernement serait une violation absolue de l'accord passé le PS et EELV »



Dans son rapport relayé notamment par l'AFP, M. Gallois préconise de « mener la recherche sur les techniques d'exploitation », autrement dit de laisser la porte ouverte à l'élaboration de méthodes d'extraction moins préjudiciables à l'environnement - en particulier sur les plans de la pollution des sous-sols et des émissions de gaz à effet de serre - et par extension aux populations. Il est « hors de question de faire l'impasse » sur le dossier des gaz de schiste, avait-il également lancé le mois dernier à la ministre de l'Écologie Delphine Batho. Conscient du tollé que pourraient susciter des modifications législatives dans le sens voulu par l'ancien PDG d'EADS, aussi bien auprès des responsables d'EELV que de nos concitoyens, le gouvernement ne l'a donc pas suivi.


Le Parti socialiste n'est cependant pas unanime. Outre M. Montebourg, qui n'a jamais fait mystère de sa volonté de réexaminer la question, le député de Paris Christophe Caresche a ainsi déploré sur son compte Twitter « que le gouvernement ferme aussi rapidement toute perspective sur les gaz de schiste ». « On pourrait au moins autoriser l'exploration pour évaluer les réserves du sous-sol français », a-t-il ajouté, évoquant une « occasion manquée par aveuglement politique ».


Dans le viseur du parlementaire : EELV (Europe Écologie-Les Verts), qui a fait des hydrocarbures de roche-mère un casus belli, comme en a témoigné la menace ouverte du sénateur Jean-Vincent Placé, lequel a prévenu que « si Jean-Marc Ayrault reprend ces propositions du rapport Gallois, il y aura une large fracture dans la majorité avec les écologistes ». Un avertissement justifié par les déclarations antérieures du ministre délégué aux relations avec le Parlement Alain Vidalies, interrogé lors du Talk Orange-Le Figaro et qui a assuré qu' « aucun d'entre nous ne pense que les gaz de schiste sont quelque chose qu'il faut pour l'éternité écarter ».


« Un revirement du gouvernement serait une violation absolue de l'accord passé le PS et EELV [?] Nous pensions que le débat était clos », a répondu M. Placé. Il ne l'est visiblement pas. Ou plus...


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