Gauche et droite tentent d'empêcher le FN de gagner des régions

le , mis à jour à 18:01
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RPT-LE 1ER TOUR DES ÉLECTIONS RÉGIONALES
RPT-LE 1ER TOUR DES ÉLECTIONS RÉGIONALES

PARIS (Reuters) - La nouvelle percée électorale du Front national a obligé lundi gauche et droite à mettre les bouchées doubles pour empêcher la formation d'extrême droite de prendre le pouvoir dans plusieurs régions dimanche prochain, avec peu de chances d'y parvenir.

La formation de Marine Le Pen a conforté son statut de premier parti de France au premier tour des élections régionales dimanche en remportant 27,73% des voix et en virant en tête dans six régions métropolitaines, devant le bloc formé par Les Républicains, le MoDem et l'UDI (26,65%) ainsi que le Parti socialiste et ses alliés (23,12%).

Au second tour, le FN paraît en mesure de l'emporter dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où Marine Le Pen et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, avec un score supérieur à 40% des voix, ont respectivement l'avantage.

Dans ces deux régions, la situation leur est tellement favorable que le Parti socialiste a décidé de retirer ses candidats dans l'espoir de faire élire un représentant des Républicains, les anciens ministres Xavier Bertrand dans le Nord et Christian Estrosi dans le Sud-Est.

"Ce retrait peut être le début de la disparition du Parti socialiste", a déclaré lundi Marine Le Pen lors d'une conférence de presse, parlant de "suicide collectif" pour une formation qui disparaîtra effectivement du conseil régional. "Toutes les compromissions sont bonnes pour se maintenir en place."

Mais la manoeuvre a pour l'instant échoué en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, où le socialiste Jean-Pierre Masseret refuse d'obéir aux instances nationales du PS qui le pressent de se retirer pour faire barrage au bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, largement en tête.

Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a estimé lundi qu'il pourrait le "convaincre".

"Un socialiste ne peut pas être mêlé de près ou de loin à l’élection d’un responsable du Front national", a-t-il prévenu.

LA DROITE RÉPUBLICAINE MAL EN POINT

La droite républicaine est, elle, mal en point en vue du second tour de dimanche prochain.

La victoire ne lui semble véritablement promise que dans les Pays de la Loire si elle ne parvient pas à battre le Front national dans le Nord, en Paca et dans le Grand Est.

La gauche, elle, devrait l'emporter facilement en Bretagne, en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, et pourrait bénéficier d'un report de voix suffisant au second tour pour gagner en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté et Ile-de-France.

Les nouvelles régions Auvergne-Rhône-Alpes et Normandie pourraient basculer à droite comme à gauche mais le total des voix de gauche est potentiellement supérieur et la Corse se jouera entre la gauche et les autonomistes.

L'exécutif pourrait donc sortir du piège des régionales par le haut avec, dans l'hypothèse la plus favorable, une petite dizaine de régions gouvernées par la gauche sur 13.

En retirant ses candidats pour faire barrage au Front national, le camp de François Hollande et Manuel Valls parle en outre à sa gauche en érigeant un "rempart" contre l'extrême droite, comme en 2002.

Quant à Nicolas Sarkozy, déstabilisé par la contre-performance de la droite, il voit sa stratégie pour la primaire de 2016 fragilisée par la percée du Front national, qui repose avec acuité la question de la ligne des Républicains.

LE FN PREMIÈRE FORCE D'OPPOSITION

Lors d'un bureau politique de LR "tendu" lundi matin, certains participants ont estimé que ce n'était pas la gauche qui était seule responsable de la performance du FN, désormais première force d'opposition devant Les Républicains, une critique implicite du chef du parti.

Mais quoi qu'il arrive dimanche prochain, le Front national est sorti grand gagnant et a amplifié son statut de première force politique et son enracinement, une dynamique dont Marine Le Pen veut faire un tremplin pour la présidentielle de 2017.

Le parti d'extrême droite a certes profité du climat sécuritaire provoqué par les attentats, 16% des ses électeurs disant s'être tourné vers le FN après le 13 novembre, selon une étude Ifop pour iTELE, Paris Match et Sud Radio.

Mais 68% des sympathisants frontistes ont également voulu sanctionner la politique du gouvernement et de François Hollande, précise cette enquête.

Des politologues insistent surtout sur la progression du FN scrutin après scrutin et sur le "siphonnage" de l'électorat de Nicolas Sarkozy, le président des Républicains, dans la continuité des élections européennes et départementales.

(Service France, édité par Yves Clarisse)

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  • frk987 le lundi 7 déc 2015 à 18:43

    Pour ceux qui ont quelques notions historiques, je vous dis sans rire que la France est exactement dans la situation de la République de Weimar des années 20, une droite sans couleur, une gauche qui bascule populisme en votant FN. On a vu le résultat.........

  • frk987 le lundi 7 déc 2015 à 18:38

    Ah!!! Sacré Chirac, l'artisan de cette situation catastrophique, se faire élire après les "mauvaises odeurs" puis mener une politique 100% socialo, le vrai coupable c'est lui, déjà Alzheimer à cette époque.......Au moins FH est un nul affiché qui n'a pas trahi son électorat, mais l'ex UMP est RESPONSABLE avec même Sarkozy n'osant pas mener une politique de droite, pour laquelle il avait été élu. Au final le FN : BRAVO....l'UMP et BRAVO le PS, vous avez réussi votre coup foireux.

  • jbalestr le lundi 7 déc 2015 à 18:30

    Les résultats dans le villes FN: Le Pontet, Fréjus, Beaucaire, Hénin, Béziers,..Une fois que le Fn passe il est plébiscité aux élections suivantes.... Le PR et le PS font donc tout pour empêcher la moindre conquête!

  • M169421 le lundi 7 déc 2015 à 18:20

    A défaut de ne rien proposer,à ne vouloir qu'enrichir son électorat et ses représentants et amis,et avec des promesses qui ne sont que mensonges,voilà où ils en sont.Des minables,et qui sont à la limite de l'anti-démocratie.On récolte ce que l'on sème.

  • frk987 le lundi 7 déc 2015 à 17:53

    Le jour où la droite comprendra qu'elle est élue pour faire une politique de droite et non du mauvais socialisme, peut-être alors que les choses changeront. La gauche n'a pas d'état d'âme, la gauche élue, elle est à gauche sa politique, l'ex UMP on n'a toujours rien compris. A défaut le FN prend le relais.