Gattaz veut explorer la piste d'un "smic intermédiaire"

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LE PRÉSIDENT DU MEDEF ÉVOQUE UN "SMIC INTERMÉDIAIRE"
LE PRÉSIDENT DU MEDEF ÉVOQUE UN "SMIC INTERMÉDIAIRE"

PARIS (Reuters) - Le président du Medef a estimé mardi que la création d'un "smic intermédiaire" à titre temporaire, qui permettrait aux jeunes d'entrer sur le marché du travail ou aux personnes en difficulté de sortir du chômage, était une piste à explorer.

"Par rapport au niveau de chômage que nous avons, il faut tout mettre sur la table, ne pas avoir de tabous. Ça fait partie des pistes à explorer", a dit Pierre Gattaz lors de son point de presse mensuel.

Pour le dirigeant patronal, le niveau élevé du smic "pose problème" car il constitue "une marche d?escalier à monter en France" pour les entreprises.

"Une solution consisterait (...), quand on recherche du travail, quand on n'en trouve pas, quand on est jeune ou dans certaine configuration, à rentrer dans une entreprise avec un salaire adapté de façon transitoire, pas forcément le niveau du smic", a-t-il dit.

La ministre chargée de la Jeunesse, Najat Vallaud-Belkacem, a exclu que le gouvernement retienne cette proposition.

"Cette vieille idée d'un smic jeune, d'une précarisation de la jeunesse (...), le gouvernement ne la retiendra pas", a-t-elle dit à la presse dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "J'accorde trop d'importance à l'emploi des jeunes pour céder aux facilités de langage et parfois aux provocations un peu inutiles. L'emploi des jeunes mérite mieux que cela".

Laurence Parisot, à qui Pierre Gattaz a succédé à la tête du Medef, a estimé pour sa part dans un tweet que "proposer un salaire en dessous du smic s'apparente à une logique esclavagiste".

DES ÉCONOMISTES CONTRE LE SMIC

Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a dénoncé de son côté une "proposition indécente", ajoutant qu'elle devrait "faire réfléchir le gouvernement qui accède très facilement aux revendications du Medef".

La question du smic a été remise sur le devant de la scène par les économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Elie Cohen, qui estiment que le salaire minimum français, un des plus élevés en Europe, est un frein à l'embauche autant qu'une machine à fabriquer des travailleurs pauvres du fait des importantes exonérations de charges qui l'accompagnent.

Les trois économistes ont été reçus à déjeuner mardi par François Hollande, pour lequel ils ont travaillé pendant sa campagne électorale.

Une autre personnalité proche des socialistes, l'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce Pascal Lamy, a plaidé de son côté pour la création de "petits boulots" payés en-dessous du smic.

"Quelqu?un qui a le pied dans l?entreprise est à moitié sauvé et c?est beaucoup mieux que de le garder au chômage", a dit Pierre Gattaz pour défendre l'idée d'un "smic intermédiaire temporaire".

Interrogé sur l'échec des précédentes tentatives de création d'un smic jeunes sous les gouvernements d'Edouard Balladur et de Dominique de Villepin, le président du Medef a estimé que la gravité de la situation changeait la donne.

"Nous sommes au bord du précipice, nous avons les plus mauvais indicateurs de toute l?Europe en termes de croissance et de chômage", a-t-il dit, en ajoutant que le pragmatisme, plutôt que la doctrine et le dogme, devait être privilégié pour la création d'emplois.

(Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)

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  • ltondu le mardi 15 avr 2014 à 21:55

    Et les charges sociales ! sujet tabou ?

  • M2141043 le mardi 15 avr 2014 à 21:10

    jean 648: vous avez raison! mais dans une société judeo chrétienne personne ne partage (vs vs souvenez de l'idée des 35 heures???) bref pas gagné, tant que les affamés ne descendront pas dans la rue pour couper des têtes...eh oui quitte a regresser, regressons loin et rebondissons

  • miez1804 le mardi 15 avr 2014 à 16:43

    @11246605: vous fait erreur, car "Hollande attend d'etre au fond du trou point, il ne va jamais reagir, aprés la fin de son mandat il aura une retrette d'oré, alors les problemesde la popoulasse, rien a ciré!

  • 11246605 le mardi 15 avr 2014 à 15:39

    "Nous sommes au bord du précipice...". Gataz n'a toujours pas compris qu''Hollande attend d'être au fond du trou pour réagir, clientélisme oblige.

  • jean-648 le mardi 15 avr 2014 à 15:25

    Dans une génération trés peu de personnes suffiront à faire tourner notre économie. Les robots, les ordis, les biotechnos remplaceront les bras humains. Notre systeme de consommation de masse s'écroulera trés rapidement, puisque il n'y aura plus d'argent chez les chomeurs. Il faut reflechir sur un nouveau mode de redistribution des richesses produites.

  • steimbcs le mardi 15 avr 2014 à 15:09

    Pour le raleur: je comprends, même quand on ne sait rien faire ou que l'on est faignant il faut être bien payé. Normal il y a tellement de frais vitaux : internet, téléphone, soirées entre copains. Cela occupe tellement d'ailleurs que l'on a peu de temps pour bosser

  • LeRaleur le mardi 15 avr 2014 à 14:56

    Allez donc sur-vivre à défaut de vivre avec un sous-smic, bandes de naz.

  • g.marti4 le mardi 15 avr 2014 à 14:54

    Il faut comprendre que la vocation d'une entreprise n'est pas de "fabriquer" de l'emploi; elle n'a de sens que si elle est porteuse de richesse, ou si vous préférez, de valeur ajouté. Le reste, et en particulier l'emploi, suit automatiquement. Mais c'est vers les projets de création de richesse qu'il faut orienter les jeunes générations. Si le privé est plus rémunérateur que le public, l'orientation se fera d'elle-même et pas besoin de moulte ministres payés à faire du vent.

  • M3830256 le mardi 15 avr 2014 à 14:48

    et surtout rétablissement de l'apprentissage de la lecture écriture et numération à l'école primaire......arrêt des nombreuses activités qui ne servent à rien !!!

  • M9244933 le mardi 15 avr 2014 à 14:43

    Les faits: une étude récente concernant les pays avec un smic conclut qu'il est utile,tant qu'il ne dépasse pas le salaire médian. Au-delà il devient un désavantage pour la compétitivité du pays et un frein à l'embauche des jeunes et de personnes non qualifiées. En France le smic est à 60 % du salaire médian. Gattaz a raison. Et au moins ça peut mettre le pied à l'étrier pour entrer dans le monde professionnel. Désolé, mais on vit avec des réalités.