Gattaz veut d'autres baisses d'impôts pour les entreprises

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GATTAZ DEMANDE DE NOUVELLES BAISSES D'IMPÔTS
GATTAZ DEMANDE DE NOUVELLES BAISSES D'IMPÔTS

PARIS (Reuters) - Le président du Medef plaide pour de nouveaux allègements de la fiscalité des entreprises, à hauteur de 90 milliards d'euros, dans un entretien à paraître jeudi dans Le Figaro.

Pierre Gattaz estime que les 40 milliards d'euros de baisses de charges prévues par le pacte de responsabilité, notamment via le crédit d'impôt compétitivité-emploi (CICE), ont certes permis de réduire le coût du travail mais que les résultats ne sont pas encore suffisants.

"Le pacte de responsabilité, c'est un premier pas: les entreprises commencent à retrouver des marges et ont créé plus de 100.000 emplois en net l'an passé. Mais cela ne va pas assez loin", déclare-t-il.

Selon lui, l'écart de compétitivité fiscale et sociale entre la France et l'Allemagne s'élevait à près de 135 milliards d'euros en 2013. Déduction faite de l'impact du pacte de responsabilité, "les prélèvements pesant sur les entreprises françaises sont encore de plus de 90 milliards supérieurs à ceux de leurs homologues allemandes", souligne-t-il en appelant à "combler cet écart".

"Il ne s'agit pas de réduire leurs impôts et charges de 90 milliards du jour en lendemain ; mais en cinq ans, c'est faisable", poursuit Pierre Gattaz.

Pour financer cette nouvelle baisse de prélèvements, le président du Medef suggère une hausse de deux points de la TVA, qui rapporterait 16 milliards d'euros et permettrait d'appliquer une première baisse du coût du travail dès l'an prochain, "pour créer un choc positif après la présidentielle".

"COMPÉTITION FISCALE"

A plus longue échéance, il estime que les efforts d'économies sur les dépenses publiques, sans "tailler à la hache" mais "en tirant profit de la révolution numérique et en impliquant davantage les fonctionnaires, en simplifiant", devraient permettre de dégager des montants suffisants, voire de dégager "de la marge pour faire un geste fiscal envers les classes moyennes".

Toujours dans le domaine de la fiscalité des entreprises, Pierre Gattaz déplore la décision de l'exécutif de renoncer à la suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), un impôt assis sur le chiffre d'affaires qui sert à financer le régime de protection sociale des travailleurs indépendants.

Le pacte de responsabilité prévoyait initialement pour 2017 une baisse d'un point de l'impôt sur les sociétés (IS) et la disparition totale de la C3S. Mais François Hollande a annoncé dans un entretien accordé aux Echos fin juin que la dernière tranche du pacte, d'un montant de cinq milliards d'euros, prendrait la forme d'une augmentation du CICE et d'une baisse de l'IS pour les PME.

Le président du Medef salue également l'intention affichée par le Royaume-Uni d'abaisser le taux de l'impôt sur les sociétés sous les 15% afin d'atténuer l'impact de sa sortie programmée de l'Union européenne.

"Le gouvernement français ferait bien de s'inspirer de leur volonté - au moins affichée - de se battre dans la compétition fiscale", souligne-t-il en plaidant pour "une fiscalité plus simple, plus lisible, plus compétitive."

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, s'est élevé la semaine dernière contre ce projet britannique, tout en se déclarant favorable à une convergence fiscale et sociale au sein de l'Union européenne.

(Myriam Rivet, édité par Simon Carraud)

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