Gaspillage : l'obligation des dons des invendus alimentaires soumise au parlement européen

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INFO LE FIGARO - Après son adoption en France, le texte contre le gaspillage alimentaire, que l'élu municipal de Courbevoie Arash Derambarsh a impulsé, va être soumis au vote à Strasbourg ce mercredi sous la forme d'un amendement. En appui, une pétition a été lancée en Europe.

L'histoire recommence pour Arash Derambarsh, avec une pétition en ligne, sur le site Change.org lancée dans sept pays de l'Union. Son but: interdire aux supermarchés de jeter de la nourriture si une association se porte volontaire pour la récupérer. Il s'agit d'une initiative citoyenne européenne, un texte qui à certaines conditions, peut se retrouver sur la table de la Commission. Après deux semaines, l'initiative a déjà recueilli plus de 530.000 signatures, sur le million escompté. Pour l'élu de Courbevoie, la pétition a deux objectifs: recueillir un nombre de voix suffisant pour être étudiée, et servir de moyen de pression.

Faire pression sur les instances dirigeantes, c'est devenu l'obsession de l'élu, qui pour cela a pu compter sur le soutien de deux personnalités européennes. D'abord, Nicole Fontaine, qui a présidé le parlement européen entre 1999 et 2002, ou encore la députée européenne Angélique Delahaye (Les Républicains - PPE). Cette dernière a réussi à glisser un amendement sur le gaspillage alimentaire dans une proposition sur l'économie circulaire.

Objectif: mettre la pression sur les instance européennes

«J'ai dit oui tout de suite pour porter ce projet au niveau européen, d'autant que je travaille déjà sur l'économie circulaire», explique la députée. Au Figaro, elle raconte son engagement en matière de lutte contre le gaspillage. «Lorsqu'il y a eu le scandale de la bactérie E. coli, dans notre exploitation familiale, qui produit des légumes, nous avons dû jeter énormément, alors que nous mangions encore notre production. Surtout qu'après, les analyses ont montré que la bactérie n'avait rien à voir avec les légumes frais.» Alors, elle a elle-même créé une association contre le gaspillage.

Pour Angélique Delahaye, mettre au point cet amendement, c'était un peu forcer le destin, et aller plus loin. La méthode a provoqué d'âpres discussions, au sein même du groupe PPE. «Surtout avec certains députés allemands. Il faut savoir qu'outre-Rhin, la gestion des dons alimentaires est supervisée par les cultes, pas par les responsables politiques», assure Arash Derambarsh. Finalement, un compromis a été trouvé, et l'amendement a été voté dans le groupe, il a donc pu être intégré dans la proposition sur l'économie circulaire. Selon la députée PPE, «il a d'ailleurs été bien voté, par 45 voix contre 19.»

Arash Derambarsh en a fait son mantra: tout doit aller très vite. «Sinon il n'y a aucune garantie dans le timing», explique-t-il. Effectivement, le texte dans lequel l'amendement a été glissé est une proposition, qui ne comporte que des objectifs à long terme, ils visent l'année 2030, voire 2040. «Moi ce que je veux, c'est que tout aille beaucoup plus vite, qu'à la fin de l'année nous ayons obtenu une réponse favorable», explique Arash Derambarsh au Figaro. C'est aussi le rôle de la pétition, qui «doit être un moyen de pression populaire, en plus de la proposition du groupe PPE», explique l'élu.

Vers une accélération du calendrier

Pour la députée européenne Angélique Delahaye il faut aussi tenir compte du temps parlementaire européen. «En Europe les choses se font à coups de compromis. Il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui, il y a 28 pays dans l'Union, et pour certains d'entre eux, le gaspillage alimentaire n'est même pas un sujet», explique Angélique Delahaye. Mais déjà, les choses avancent. «Jean-Claude Juncker a dit qu'il y aurait une copie de rapport à la rentrée», explique la députée. Mais Arash Derambarsh est sûr de son coup: «la proposition va être adoptée».

Le vote, qui aura lieu mercredi en séance plénière, sera l'occasion pour lui de se rendre à Strasbourg. C'est un moment symbolique, car si la proposition dans laquelle l'amendement a été glissé est adoptée, elle sera renvoyée devant la Commission européenne avant même que la pétition ne soit arrivée à son terme. Et pourrait ouvrir la voie à une accélération du calendrier.

«Je l'ai toujours dit, je veux que les textes soient adoptés d'ici le mois de décembre», affirme Arash Derambarsh au Figaro. «Pour cela, j'ai besoin de toutes les voix qui comptent. Il faut que François Hollande, et même Nicolas Sarkozy, qui possèdent les réseaux, s'activent. Il ne faut pas qu'il y ait d'antagonismes sur ce sujet», explique l'élu municipal. De son côté, Angélique Delahaye glisse au Figaro que des principes pourraient être annoncés par le Conseil européen en décembre.

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