Gardien, buteur et libéro : Ceni, le révolutionnaire

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Gardien, buteur et libéro : Ceni, le révolutionnaire
Gardien, buteur et libéro : Ceni, le révolutionnaire

Rogério Ceni fait partie des rares brésiliens modernes à s'être fait un nom outre-Atlantique en marquant plus d'une centaine de buts tout au long de sa carrière. Derrière ce nombre affolant se cachent des heures d'entraînement et un entraîneur, Muricy Ramalho, qui a su exploiter les qualités techniques de son gardien pour faire évoluer le jeu, bien avant Manuel Neuer.

La scène se passe le 15 février 1997 dans l'Estadio Herminio Ometto, à Araras, dans l'État de São Paulo. On joue la première mi-temps quand Adriano (aucun lien) se fait faucher aux abords de la surface par un défenseur de l'União São João. L'arbitre ne bronche pas et signale la faute. Rogério Ceni remonte le terrain pour botter le coup franc. C'est la troisième fois qu'il tente sa chance depuis qu'il a pris la place du légendaire Zetti, parti à Santos. Le jeune gardien sait qu'on ne lui donnera pas éternellement le droit de frapper les coups de pied arrêtés et qu'un but rapide pourrait lui offrir la crédibilité qui lui manque alors. Mais il n'est pas plus crispé que cela. Entre le moment où l'arbitre décide de siffler et celui où Ceni déclenche sa frappe, il ne s'écoule que deux secondes. C'est que le bougre sait déjà quoi faire devant ce mur aussi mal placé que décousu. Et, d'un subtil enroulé presqu'à ras du sol, il trompe son homologue qui réussit tout de même à dévier légèrement le cuir. Insuffisant. La frappe est trop appuyée, trop travaillée, tout l'inverse de la célébration de Rogério, qui, tel un gosse, court dans tous les sens pour fêter le premier d'une longue liste de pions claqués (129) sous les couleurs du São Paulo FC. Sur le banc, un homme cache sa joie, mais n'en pense pas moins. Muricy Ramalho, présent sur le banc du Morumbi depuis 1994 en tant qu'adjoint, puis coach intérimaire, n'est autre que l'homme qui a fait confiance à "nosso Pelé" (notre Pelé), comme on l'appelle au SPFC. "Quand j'étais adjoint à São Paulo, j'avais remarqué que le seul joueur de l'effectif qui s'entraînait sérieusement à tirer les coups francs était Rogério Ceni. Il avait un ratio étonnamment élevé, pour un gardien et même un joueur de champ." À ce moment-là, Zetti n'est toujours pas parti, et son successeur joue les remplaçants de luxe. Mais en 1997, tout change. "Quand j'ai été nommé entraîneur principal de l'équipe, j'ai promu Rogério au rang de titulaire. Et au moment de nommer les tireurs de coups de pied arrêtés, j'ai désigné Rogério comme tireur de coups francs. Tout le monde était surpris et me regardait l'air de dire "Mais il est fou ?" J'ai dû montrer aux autres les chiffres de Rogério à l'entraînement sur coups francs pour qu'ils acceptent ce choix", ajoute…

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