Gambie-Tirs contre la présidence, la capitale bouclée

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(Actualisé avec) BANJUL, 30 décembre (Reuters) - Des tirs ont retenti dans la nuit de lundi à mardi aux alentours du palais présidentiel à Banjul, la capitale de la Gambie, et l'accès au pont conduisant au centre-ville était bloqué par des soldats mardi mais le gouvernement a nié toute tentative de coup d'Etat. Selon un diplomate, des hommes armés ont attaqué la State House, la résidence du président gambien Yahya Jammeh durant la nuit. Selon des diplomates et des médias locaux, le chef de l'Etat se trouvait à l'étranger, en France ou à Dubaï. Le président Jammeh n'est pas en déplacement officiel en France, a cependant précisé le ministère français des Affaires étrangères, et rien n'indique qu'il ait pu s'y trouver pour un motif personnel, a-t-on appris auprès de sources diplomatiques. Des appels au soulèvement des habitants pour empêcher le retour de Yahya Jammeh ont été passés sur les ondes de radios de l'opposition basées à l'étranger. Les médias locaux et des utilisateurs des réseaux sociaux ont parlé d'une tentative de coup d'Etat. Le gouvernement a de son côté assuré que la situation était calme, dans un communiqué lu sur les ondes de la radio d'Etat : "Contrairement aux rumeurs qui circulent, la paix et le calme continuent de prévaloir en Gambie. Le gouvernement exhorte le public et les entreprises à poursuivre leurs activités normales." Des mutins contrôlaient quelques positions stratégiques à Banjul, selon un diplomate d'Afrique de l'Ouest. Dans le centre de Banjul, les forces de sécurité patrouillaient, plusieurs heures après les échanges de tirs qui se sont déroulés dans la matinée, selon des témoins. Les banques et d'autres bâtiments administratifs étaient fermés et les habitants restaient cloîtrés chez eux. La télévision d'Etat a annoncé que le président Jammeh s'était rendu à Dubaï durant le week-end, mais aucune confirmation officielle n'a été donnée. Yahya Jammeh a pris le pouvoir il y a 20 ans à la faveur d'un coup d'Etat. Il a étouffé toute opposition dans le petit pays d'Afrique de l'Ouest, enclavé à l'intérieur du Sénégal, et est de plus en plus critiqué à l'étranger pour son bilan en matière de droits de l'homme. (Bate Felix, Diadie Ba à Dakar, Ingrid Melander à Paris; Tangi Salaün et Agathe Machecourt pour le service français)

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