Gaël Kamilindi, un Peter Pan au Français

le
0
Gaël Kamilindi, photographié le 27 février à la Comédie Française à Paris.
Gaël Kamilindi, photographié le 27 février à la Comédie Française à Paris.

Le jeune et brillant acteur intègre la troupe de la Comédie-Française avec un rôle dans « Lucrèce Borgia ».

Tel un Petit Prince tombé d’une autre planète, Gaël Kamilindi chemine dans les couloirs de la Comédie-Française, sous l’œil de ses prédécesseurs illustres – ou tombés dans l’oubli. Tant de fantômes, qui, à sa vue, semblent légèrement surpris. Ce garçon n’est pas comme les autres, s’imagine-t-on qu’ils pourraient dire, tous ces mânes qui peuplent la Maison de Molière.

La société française est ainsi faite que l’entrée à la Comédie-Française d’un jeune acteur noir est encore un événement en soi. Avant lui, seul Bakary Sangaré a eu l’honneur d’intégrer la troupe prestigieuse du premier théâtre de France. Mais quand on dit « acteur noir », que dit-on de l’identité de Gaël Kamilindi ? De sa personne, du comédien qu’il est ? L’« acteur noir » est un masque.

« Il y a bien des façons d’être noir », souligne Gaël Kamilindi d’emblée. Pour le rendez-vous, et pour la photo, il s’est habillé en noir et blanc. « On me demande souvent si je me sens plutôt blanc ou noir, ajoute-t-il. Je réponds par les faits : je suis métis. Je suis né en Afrique, au Congo-ex-Zaïre, et je suis venu vivre en Suisse à l’âge de sept ans. J’ai la couleur de peau d’un mélange. »

« Entouré de bonnes fées » Ce constat sobrement énoncé recouvre néanmoins chez Gaël Kamilindi une histoire familiale tellement singulière que toute une équipe de « storytellers » n’aurait pas pu l’inventer. Le petit garçon naît en 1986, à Kinshasa, d’une mère rwandaise et d’un père israélien, diamantaire et aventurier, qui ne le reconna...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant