Gabon-Toujours pas de résultat de la présidentielle

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    LIBREVILLE, 31 août (Reuters) - Le Gabon était toujours, 
mercredi matin, dans l'attente du résultat de la présidentielle 
de samedi, qui risque d'être âprement disputé entre les deux 
principaux adversaires, le chef de l'Etat sortant Ali Bongo et 
l'ancien ministre des Affaires étrangères Jean Ping. 
    La Commission électorale devait initialement publier le 
résultat mardi soir, mais mercredi matin à 05h30 locales (04h30 
GMT), ses membres étaient toujours réunis à huis clos. 
    La nervosité gagne la population face à ce retard et face 
aux déclarations de Jean Ping, qui affirme l'avoir emporté avec 
60% des suffrages et appelle Ali Bongo à reconnaître sa défaite. 
    La télévision nationale a diffusé à plusieurs reprises des 
déclarations du gouvernement rappelant aux partisans de Ping 
qu'annoncer des résultats avant la commission électorale était 
illégal. Mardi, le gouvernement a accusé Jean Ping de chercher à 
déstabiliser le pays. 
    "Après l'annonce du résultat, nous communiquerons ces 
éléments aux autorités judiciaires gabonaises", a averti le 
gouvernement dans son communiqué, lu par plusieurs responsables. 
    Le gouvernement a également dénoncé une "ingérence 
étrangère", après que, en France, le Parti socialiste et deux 
avocats eurent déclaré publiquement que Jean Ping était 
vainqueur du scrutin. 
    "La victoire de Jean Ping ne fait plus de doute", pouvait-on 
lire mardi soir dans un communiqué signé par Ping, qui évalue le 
résultat à 60% pour lui-même et 40% pour Ali Bongo. 
    Une victoire de Jean Ping, qui a été un temps président de 
l'Assemblée générale des Nations unies, mais aussi de la 
commission de l'Union africaine (UA), mettrait fin à un 
demi-siècle de pouvoir exercé par la famille Bongo. 
    Ali Bongo a été élu en 2009 après la mort de son père, Omar 
Bongo, lequel avait dirigé le pays pendant 42 ans. 
    Le système électoral gabonais veut que celui qui remporte le 
plus de voix à la présidentielle est élu. En 2009, Ali Bongo l'a 
été avec 41,73% des suffrages. 
    Lundi, la mission d'observateurs de l'Union européenne a 
pointé un "manque de transparence" au sein des institutions 
organisant le scrutin et a déclaré qu'Ali Bongo avait bénéficié 
d'une préférence dans l'accès aux ressources financières et aux 
médias. 
    "Nous avons noté que la mission (d'observateurs) avait 
outrepassé son mandat. La mission recherchait des choses qui 
n'ont rien à voir avec ce scrutin", a déclaré le porte-parole du 
président Bongo, en réaction à la déclaration de la mission 
d'observateurs de l'UE. 
 
 (Gerauds Wilfried Obangomé; Eric Faye pour le service français) 
 
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