Gabon-Ping redoute une longue instabilité en cas de non-recomptage

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    LIBREVILLE, 9 septembre (Reuters) - L'opposant Jean Ping a 
dit redouter vendredi une longue période d'instabilité au Gabon 
en cas de non-recomptage des voix de l'élection présidentielle 
du 27 août, remportée à ses dépens par le président sortant Ali 
Bongo avec moins de 6.000 voix d'avance. 
    Le candidat de l'opposition, qui revendique la victoire, a 
saisi jeudi la Cour constitutionnelle pour réclamer un 
recomptage dans le Haut-Ogooué, fief d'Ali Bongo dans le sud-est 
du pays. 
    Dans cette province, le chef de l'Etat sortant a été élu 
avec 95% des voix et le taux de participation s'est élevé à 
99,9% des inscrits. Une mission d'observateurs de l'Union 
européenne a dit avoir constaté des anomalies dans ce résultat. 
    Jean Ping a hésité avant de déposer son recours devant la 
Cour constitutionnelle, soulignant qu'il ne faisait aucune 
confiance dans une institution selon lui soumise à Ali Bongo. 
    "Je crains fort qu'un nouveau faux pas de la Cour 
constitutionnelle soit le facteur d'une instabilité profonde et 
durable du Gabon", a-t-il déclaré lors d'une conférence de 
presse à Libreville. 
    "Il ne fait aucun doute qu'en cas de non-respect de la 
réalité du vote des Gabonais par la Cour constitutionnelle, le 
peuple, qui n'aurait dans ce cas plus rien à perdre, prendra son 
destin en mains", a-t-il ajouté.  
    Ali Bongo accuse son adversaire d'avoir fraudé lors de 
l'élection du 27 août.  
    Jean Ping a également "exigé l'ouverture d'une enquête 
internationale" sur les violences qui se sont produites après la 
proclamation de la victoire d'Ali Bongo.  
    Le bilan officiel est de six morts, mais Jean Ping affirme 
que 50 à 100 personnes ont été tuées, un chiffre invérifiable de 
source indépendante.  
    L'annonce de la victoire du président sortant, le 31 août, 
avec 49,8% des voix contre 48,23% à son adversaire, avait 
déclenché plusieurs jours d'émeutes à Libreville et dans 
d'autres villes du petit pays d'Afrique centrale.  
    A Paris, le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc 
Ayrault a appelé la Cour à examiner avec "transparence" et 
"impartialité" les contestations des résultats de l'élection 
présidentielle déposées par l'opposition.   
 
 (Gerauds Wilfried Obangome; Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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