Gabon-Ping lance à son tour un appel au dialogue national

le
0
    LIBREVILLE, 29 septembre (Reuters) - L'opposant gabonais 
Jean Ping a lancé jeudi un appel au dialogue national concurrent 
de celui du président Ali Bongo, dont il conteste la réélection, 
et a invité la communauté internationale à sanctionner les 
responsables de qu'il qualifie de "coup d'état 
militaro-électoral".  
    Le chef de l'Etat, dont la famille dirige le Gabon depuis 
près de cinquante ans, a été déclaré vainqueur de l'élection 
présidentielle du 27 août avec moins de 6.000 voix d'avance, et 
son adversaire affirme avoir été dépossédé de sa victoire. Six 
personnes ont été tuées dans les émeutes qui ont suivi l'annonce 
des résultats.  
    Les observateurs de l'Union européenne ont fait état 
d'irrégularités dans le Haut-Ogooué, fief du président, où il a 
été crédité de 95% des suffrages avec une participation de 
99,9%. La Cour constitutionnelle saisie par Jean Ping a accédé à 
sa demande de réexamen des résultats, mais elle a jugé les 
feuilles d'émargement fournies par l'opposant irrecevables et 
confirmé la victoire du sortant. 
    "Président élu par vous, peuple gabonais, je réaffirme urbi 
et orbi que je ne reconnaîtrai pas le pouvoir d'Ali Bongo qui a 
les mains souillées du sang de nos compatriotes", a réaffirmé 
Jean Ping jeudi, lors d'un rassemblement à son domicile de 
Libreville. 
    "J'appelle chaque Gabonaise et chaque Gabonais à une 
résistance active jusqu'à la fin de la forfaiture", a poursuivi 
l'ancien chef de la diplomatie, qui propose par ailleurs 
l'ouverture d'un "dialogue national inclusif" pour "mettre en 
place les fondements d'une nouvelle République". 
    "Nous demandons à la communauté internationale de prendre 
des sanctions ciblées à l'encontre des personnes qui se sont 
rendues coupables de ce coup d'état militaro-électoral", a-t-il 
insisté, invitant en outre Amnesty international et le Procureur 
de la Cour Pénale Internationale (CPI) à venir enquêter sur 
place. La CPI avait annoncé dans journée l'ouverture d'une 
enquête préliminaire sur la situation au Gabon.   
    Lors de son investiture, Ali Bongo avait dit "tendre la main 
à toutes les Gabonaises et à tous les Gabonais".   
 
 (Gerauds Wilfried Obangome, Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant