Gabon-Les heurts s'étendent, Ping réclame une aide internationale

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    par Gerauds Wilfried Obangome 
    LIBREVILLE, 1er septembre (Reuters) - L'opposant gabonais 
Jean Ping, qui dit avoir remporté l'élection présidentielle de 
samedi dernier, a déclaré jeudi matin que les forces de sécurité 
et la garde républicaine avaient donné l'assaut dans la nuit à 
son QG de campagne, faisant deux morts et plusieurs blessés. 
    "Le QG a été bombardé par hélicoptère et cerné au sol par 
des troupes de la garde présidentielle, de la police et des 
mercenaires. Nous enregistrons deux morts et plusieurs blessés", 
a-t-il déclaré, interrogé par téléphone sur l'antenne de France 
24. Il a réclamé une assistance internationale pour protéger la 
population contre un "clan de mercenaires". 
    Estimant qu'un "doute" s'était installé, le ministre 
français des Affaires étrangères a de son côté demandé la 
publication bureau par bureau des résultats du scrutin. 
    "Les résultats de ce vote doivent être parfaitement clairs 
et transparents", a déclaré Jean-Marc Ayrault, qui a lancé un 
appel "à l'arrêt des violences, quelles qu'elles soient". 
    Les heurts qui ont éclaté mercredi à Libreville, où des 
manifestants ont mis le feu à une partie de l'Assemblée 
nationale après l'annonce de la réélection d'Ali Bongo, se sont 
étendus jeudi à neuf faubourgs de la capitale, rapportent des 
témoins.  
    Explosions et coups de feu ont notamment retenti dans le 
quartier Nkembo, théâtre de heurts entre forces de l'ordre et 
manifestants qui contestent cette réélection, précisent-ils.  
    "Ceci est juste une conséquence de la situation actuelle. 
C'est à cause de la victoire de Bongo face à Jean Ping, notre 
président, que nous considérons comme étant l'élu", a déclaré 
l'un d'eux.  
     
    "LE SCÉNARIO SE RÉPÈTE DEPUIS 50 ANS" 
    Au pouvoir depuis la mort de son père Omar Bongo en 2009 
après 42 ans à la tête du pays, le chef de l'Etat sortant a été 
déclaré réélu avec 49,80% des voix contre 48,23% pour Jean Ping, 
selon les résultats définitifs du scrutin annoncés par le 
ministre de l'Intérieur, Pacôme Moubelet Boubeya, qui a fait 
état d'un taux de participation de 59,46%. 
    "Tout le monde sait, toute la communauté internationale 
sait, que c'est moi qui ai gagné ces élections", a déclaré 
l'opposant à France 24, ajoutant que les chiffres de la 
commission électorale s'appuyaient sur de faux documents.  
    "Le pouvoir est depuis cinquante ans entre les mains d'une 
famille, d'un camp (...) Le scénario se répète depuis 50 ans. 
L'opposition gagne toujours les élections, mais n'accède jamais 
au pouvoir (...)", a-t-il ajouté. 
    Dénonçant un "coup de force électoral", Jean Ping a 
également demandé "solennellement" à la commission électorale de 
procéder "au comptage des résultats bureau de vote par bureau de 
vote". 
    Ali Bongo a quant à lui invité ses concitoyens à respecter 
le résultat du scrutin et les institutions.  
    "Cette victoire au score serré nous oblige. Tous ! Elle 
oblige d'abord chacun au respect du verdict des urnes et de nos 
institutions", a-t-il dit dans un discours de victoire dont le 
texte a été distribué à la presse.  
    La France, ancienne puissance coloniale, a demandé jeudi 
l'arrêt des affrontements "au plus vite".   
    Les Etats-Unis et l'Union européenne ont également lancé des 
appels au calme. 
 
 (Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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