Gabon-L'opposant Jean Ping sera arrêté en cas de violences-gvt

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 (Actualisé avec les résultats vus par Jean Ping) 
    par Edward McAllister 
    LIBREVILLE, 21 septembre (Reuters) - Le gouvernement 
gabonais a fait savoir mercredi au chef de l'opposition Jean 
Ping qu'il risquait d'être arrêté en cas de nouvelles violences 
quand la Cour constitutionnelle rendra sa décision concernant le 
scrutin présidentiel du mois dernier. 
    Des émeutes avaient éclaté début septembre après l'annonce 
de la très courte victoire, par 6.000 voix seulement, du 
président sortant Ali Bongo à la présidentielle du 27 août. Les 
violences ont fait six morts selon le gouvernement et 100 morts 
selon Jean Ping, qui se présentait contre le chef de l'Etat. 
    Le chef de l'opposition a déposé une requête devant la Cour 
constitutionnelle pour demander un recomptage des bulletins de 
vote dans le Haut-Ogooué, fief d'Ali Bongo dans le sud-est du 
pays. Le président sortant a été crédité de 95% des suffrages 
sur un taux de participation de 99,9% dans cette région.  
    "M. Ping a dit clairement que si la Cour constitutionnelle 
ne le déclarait pas vainqueur de l'élection présidentielle, il y 
aura des troubles. Eh bien, s'il franchit la ligne, il sera 
arrêté", a déclaré le ministre de la Communication, Alain-Claude 
Bilié-By-Nzé, lors d'une conférence de presse.  
    La Cour constitutionnelle a jusqu'à vendredi pour se 
prononcer sur la plainte de Jean Ping. Les autorités ont 
renforcé les mesures de sécurité dans Libreville. L'armée et la 
police ont pris position mercredi aux principaux carrefours de 
la capitale. 
    Le ministre de l'Intérieur a lui aussi mis en garde contre 
de nouvelles violences. 
    «Aujourd'hui, nous entendons parler de plus d'appels au 
trouble par certains compatriotes. Nous savons qui ils sont, 
nous savons où ils sont. Nous ne les laisserons pas faire", a 
déclaré Pacôme Moubelet Boubeya lors de la même conférence de 
presse. 
    La mission de l'Union européenne chargée d'observer 
l'élection présidentielle du 27 août dernier a déclaré elle 
aussi avoir découvert des anomalies dans les résultats de la 
province du Haut-Ogooué. La France, ancienne puissance 
coloniale, a recommandé un nouveau comptage, tandis que l'Union 
africaine devait envoyer des observateurs pour suivre le travail 
de la Cour constitutionnelle. 
    Le porte-parole de Jean Ping, Jean Gaspard, a déclaré à la 
presse mercredi que les résultats en possession de son équipe de 
campagne montraient certes qu'Ali Bongo a remporté le 
Haut-Ogooué mais de 89,17% avec un taux de participation de 
81,67%. 
    Ces chiffres font de Jean Ping le gagnant au niveau national 
avec 51,17% des voix, contre 46,71% à Ali Bongo, a ajouté Jean 
Gaspard. "En principe, ce sont les résultats qui doivent être 
proclamés par la Cour constitutionnelle", a-t-il dit. 
    Les partisans du président sortant ont présenté des éléments 
à la Cour rejetant les affirmations de Jean Ping et affirmant 
que le chef de l'opposition avait lui-même organisé une fraude 
électorale. 
    Mercredi à Paris, deux Franco-Gabonais ont déposé des 
plaintes contre X pour arrestation et détention arbitraires lors 
des violentes émeutes qui ont suivi la réélection contestée du 
président Ali Bongo.   
 
 (Avec Gerauds Wilfried Obangome, Joe Bavier et Emma Farge; 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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