Gabon-Des militaires déployés à Libreville, des magasins rouvrent

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    LIBREVILLE, 2 septembre (Reuters) - Des militaires ont été 
déployés vendredi dans la capitale gabonaise Libreville alors 
que les habitants commencent à sortir dans les rues après deux 
jours d'émeutes provoquées par l'annonce de la réélection du 
président Ali Bongo. 
    Les soldats, venus renforcer les effectifs de police dès 
jeudi, se sont positionnés à des carrefours de la capitale 
tandis que la garde républicaine s'est postée près du palais 
présidentiel. Des policiers anti-émeutes patrouillent également. 
    Des magasins du centre-ville ont ouvert vendredi mais peu de 
clients s'y pressaient. Des habitants ont fait part de leur 
inquiétude quant à un retour de la violence. 
    Les heurts entre les soutiens du candidat Jean Ping, qui 
contestent les résultats de l'élection présidentielle de samedi, 
et les forces de sécurité à Libreville ont fait trois morts et 
mené à 1.100 arrestations jeudi après-midi, selon le ministère 
de l'Intérieur. 
    Au pouvoir depuis la mort de son père Omar Bongo en 2009 
après 42 ans à la tête du pays, le chef de l'Etat sortant Ali 
Bongo a été déclaré réélu mercredi par la commission électorale 
(Cenap) avec 49,80% des voix contre 48,23% pour Jean Ping. 
    Des manifestants ont incendié le parlement quelques heures 
après la proclamation des résultats. L'intérieur de l'Assemblée 
a été complètement détruit, les tables et sièges réduits en 
cendres selon un témoin. 
    Des chaînes de télévision, des supermarchés, des magasins et 
des maisons ont été pillés lors des émeutes à Libreville. Le 
ministre de l'Intérieur, Pacôme Moubelet Boubeya, a indiqué que 
des heurts avaient éclaté dans d'autres villes et provinces du 
pays. 
    La France, les Etats-Unis et l'Union européenne ont demandé 
la publication bureau par bureau des résultats du scrutin pour 
plus de transparence, une requête qu'a rejetée le porte-parole 
d'Ali Bongo jeudi. 
    Dans une interview à France 2 vendredi, le ministre des 
Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a relevé toutefois que la 
France, ancienne puissance coloniale, n'avait pas vocation à 
s'"ingérer dans les affaires internes des pays africains". 
  
 
 (Gerauds Wilfried Obangome, Laura Martin pour le service 
français, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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