Gabon-Bongo donné en tête, l'opposition crie à la fraude

le , mis à jour à 15:58
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 (Précise que la commission est encore réunie) 
    par Gerauds Wilfried Obangome 
    LIBREVILLE, 31 août (Reuters) - Le décompte de la commission 
électorale au Gabon laisse entendre que le président sortant Ali 
Bongo l'a emporté d'une courte tête face à l'ancien ministre des 
Affaires étrangères Jean Ping, un résultat qualifié à l'avance 
de "mascarade" par l'opposition qui a assuré que les Gabonais ne 
l'accepteraient pas. 
    Une source haut placée au sein de la commission et un 
représentant de l'opposition supervisant le décompte ont 
confirmé que les chiffres compilés après le dépouillement de 
l'ensemble des bulletins de vote de la présidentielle de samedi 
donnaient Ali Bongo vainqueur avec 49,85% des voix contre 48,16% 
à Jean Ping. 
    La commission devait initialement proclamer les résultats 
officiels mardi soir mais elle était toujours réunie à huis clos 
mercredi midi et les résultats qui ont fuité sont donc encore 
susceptibles de changer. 
    "C'est une mascarade", a déclaré à Reuters le représentant 
de Jean Ping, Paul Marie Gondjout, devant les bureaux de la 
commission. 
    L'opposition a réclamé un nouveau décompte dans la province 
natale d'Ali Bongo, le Haut-Ogooué, où le taux de participation 
a atteint 99,98%, contre moins de 60% dans l'ensemble du pays, 
a-t-il ajouté. 
    De son côté, l'Union européenne a demandé à la commission 
électorale de rendre publics "les résultats détaillés" de chaque 
bureau de vote et appelé les protagonistes à maintenir le calme 
dans le pays. 
    Le parti de Jean Ping avait déclaré mardi que son candidat 
était en tête du scrutin avec 59% des voix contre 38% à Ali 
Bongo alors qu'il ne manquait plus que les résultats d'une 
province sur neuf, celle du Haut-Ogooué. Cette annonce avait 
aussitôt été qualifiée de "tentative de déstabilisation" par le 
pouvoir. 
    "Nous n'avons pas confiance dans ce processus. Nous n'avons 
jamais eu confiance", a commenté mercredi le porte-parole de 
Jean Ping, Jean Gaspard Ntoutoume-Ayi, interrogé au téléphone 
par Reuters après l'annonce du résultat du décompte. 
    "Le peuple gabonais n'acceptera pas ces résultats", a-t-il 
affirmé. 
     
    MENACES DU GOUVERNEMENT 
    Face aux appels répétés de Jean Ping à Ali Bongo pour qu'il 
reconnaisse sa défaite, le camp du président s'est dit confiant 
dans le résultat du scrutin et a rappelé à de multiples reprises 
que diffuser d'autres décomptes que celui de la commission 
électorale était "illégal". 
    "Après l'annonce du résultat, nous communiquerons ces 
éléments aux autorités judiciaires gabonaises", a annoncé le 
gouvernement dans un communiqué lu par plusieurs responsables 
sur les antennes de la télévision nationale. 
    Les autorités gabonaises ont aussi dénoncé une "ingérence 
étrangère", après que, en France, le Parti socialiste et deux 
avocats eurent déclaré publiquement que Jean Ping était 
vainqueur du scrutin. 
    "La victoire de Jean Ping ne fait plus de doute", pouvait-on 
lire mardi soir dans un communiqué signé par Ping. 
    Une victoire de Jean Ping, qui a été un temps président de 
l'Assemblée générale des Nations unies, mais aussi de la 
commission de l'Union africaine (UA), mettrait fin à un 
demi-siècle de pouvoir exercé par la famille Bongo. 
    Ali Bongo a été élu en 2009 après la mort de son père, Omar 
Bongo, lequel avait dirigé le pays pendant 42 ans. 
    Le système électoral gabonais veut que celui qui remporte le 
plus de voix à la présidentielle est élu. En 2009, Ali Bongo l'a 
été avec 41,73% des suffrages. 
    Lundi, la mission d'observateurs de l'Union européenne a 
pointé un "manque de transparence" au sein des institutions 
organisant le scrutin et a déclaré qu'Ali Bongo avait bénéficié 
d'une préférence dans l'accès aux ressources financières et aux 
médias. 
    "Nous avons noté que la mission (d'observateurs) avait 
outrepassé son mandat. La mission recherchait des choses qui 
n'ont rien à voir avec ce scrutin", a déclaré le porte-parole du 
président Bongo, en réaction à la déclaration de la mission 
d'observateurs de l'UE. 
 
 (Gerauds Wilfried Obangomé; Eric Faye et Tangi Salaün pour le 
service français) 
 
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  • glitzy le mercredi 31 aout 2016 à 16:30

    " L'opposition a réclamé un nouveau décompte dans la province natale d'Ali Bongo, le Haut-Ogooué, où le taux de participation a atteint 99,98%, contre moins de 60% dans l'ensemble du pays, a-t-il ajouté. "

  • M9425023 le mercredi 31 aout 2016 à 15:17

    La démocratie à l'Africaine a encore de beaux jours.