Gabe Polsky : "Les grandes équipes jouent par vagues".

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Gabe Polsky : "Les grandes équipes jouent par vagues".
Gabe Polsky : "Les grandes équipes jouent par vagues".

Producteur du Bad Lieutenant de Werner Herzog, l'Américain Gabe Polsky a réalisé Red Army, en lice pour les Oscars 2015. Une histoire folle de l'équipe d'Union soviétique de hockey présentée à Lyon ce samedi à 17h et en salles en France le 25 février. L'occasion d'échanger avec lui sur les passerelles tactiques entre foot et hockey, le Dynamo de Kiev et Lionel Messi.

Quelle est l'idée derrière le documentaire Red Army ? Je voulais faire un film autonome en dehors du coffret des documentaires sur le sport d'ESPN et surtout ne pas faire un film sur le hockey. L'idée consistait à capter l'âme de ces mecs, ce qu'ils représentent, leur amitié, ce qu'ils sont vraiment, leurs trahisons, car ça parle aussi de l'Union soviétique d'alors, les bons et mauvais côtés. J'aime le hockey et ce qu'il propose de commun avec les autres sports, le football notamment : la créativité, la tactique, avancer ses pions et surtout rester fluide dans le jeu. J'aime la créativité, Zidane, Messi, Maradona, ça me parle parce que leur créativité est couplée à de l'agilité.
Quelle option tactique est véritablement stratégique au hockey, comparée au foot ? Sur la glace, Wayne Gretzky a porté l'idée de la contre-attaque très, très haut par exemple. La contre-attaque, c'est le mouvement que je préfère, tu passes du désavantage complet à l'avantage certain. C'est très présent dans le foot, mais c'est une tactique qui devrait être peut-être plus populaire dans la tête des amateurs de foot, et non vu comme un accident. Au hockey, la clé, c'est la souplesse des poignets qui me paraît la plus importante dans ce genre d'action. Au football, c'est celle des chevilles, le rythme, les feintes de regard et de corps et surtout la mémoire : les grands meneurs en foot savent parfaitement qui est où, devant, derrière, même sans les voir. C'est fascinant, ce qui reste de cette mémoire en mouvement, c'est sous-estimé, c'est de l'ordre des neuro-sciences On retrouve un côté très fluide dans le jeu de l'Union soviétique d'alors, comme le Brésil 70 Les gens ne comprennent rien au hockey, donc mon idée était de décrire d'une manière très simple l'évolution qu'ils ont apportée dans le jeu, une philosophie et l'arrière-plan politique. À l'écriture, j'avais une idée, je voulais faire un grand thriller, mais ça a été plus dur que prévu, la manière de raconter l'histoire après les premiers entretiens, comment commencer. Le film devait être sensoriel. L'entraînement permettait au final de faire une vraie proposition de créativité. Je trouve souvent sous-estimée aussi la dimension artistique du jeu, personne n'en parle. La danse et les exercices du Bolchoï, le mythique entraîneur Anatoli Tarasov utilisait la danse, ça les aidait, vraiment La...

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