G20-Les ministres des Finances sous pression pour doper la croissance

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    par David Lawder 
    WASHINGTON, 15 avril (Reuters) - Les ministres des Finances 
et banquiers centraux des pays du G20 s'interrogent sur les 
moyens d'éviter une stagnation de l'économie mondiale, tout en 
ayant des doutes sur l'efficacité des politiques monétaires 
ultra-accommodantes encore en place à travers le monde. 
    Organisée à Washington à l'occasion des réunions de 
printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque 
mondiale, qui se terminent dimanche, la réunion du G20, entité 
qui regroupe pays développés et pays émergents, intervient ce 
vendredi dans un contexte de pressions croissantes exercées sur 
les nations les plus riches pour qu'elles augmentent leurs 
dépenses d'infrastructures et dérégulent leurs économies. 
    Mardi, le FMI a revu en baisse ses prévisions pour la 
croissance mondiale pour la quatrième fois en un an du fait du 
ralentissement de l'économie chinoise, de la faiblesse 
persistante des prix du pétrole et de la fragilité de la reprise 
dans les économies développées.  ID:nL5N17E4NV  
    Dans un communiqué adressé jeudi soir aux autres pays du 
G20, le ministre des Finances indien Arun Jaitley estime que les 
gouvernements doivent cesser de laisser les banques centrales 
prendre l'initiative dans les mesures de relance de la 
croissance et réfléchir à une hausse des dépenses. 
    "Nous sommes d'avis que les outils de politique monétaire 
ont atteint les limites de leur efficacité (...) Le temps est 
venu de la revalorisation de la politique budgétaire, avec un 
plus grand accent qui doit être mis sur les investissements 
publics." 
     
    PAS DE DÉVALUATIONS COMPÉTITIVES 
    Selon le FMI, l'Inde devrait voir son produit intérieur brut 
(PIB) augmenter de 7,5%, plaçant le pays parmi ceux promis à une 
forte croissance cette année. 
    Arun Jaitley a néanmoins souligné que la reprise économique 
mondiale était fragile et qu'elle pouvait facilement se gripper, 
que ce soit par la faiblesse de la demande, un tassement du 
commerce ou encore par une volatilité des flux de capitaux. 
    "De ce fait, nous devons élaborer une réponse efficace (...) 
afin de raviver le moteur commercial de l'économie mondiale. Les 
pays doivent éviter des mesures protectionnistes et s'abstenir 
de dévaluations compétitives", a-t-il dit. 
     Le ministre des Finances japonais Taro Aso et le secrétaire 
au Trésor américain Jack Lew sont allés dans le sens de leur 
homologue indien jeudi, en soulignant conjointement l'importance 
pour tous les pays "d'honorer leurs engagements pris au G7 et au 
G20 en matière de taux de change".  ID:nL5N17I0VH  
    Les responsables monétaires et financiers du G20 avaient 
convenu en février à Shanghai que les pays devaient s'abstenir 
de procéder à des dévaluations compétitives de leur monnaie, ce 
qui avait été interprété par les intervenants de marché comme 
une mise en garde au Japon contre des interventions sur le 
marché des changes visant à enrayer les fortes hausses du yen. 
    Néanmoins, le G20 comme le G7 s'accordent aussi à considérer 
que les excès de volatilité et les mouvements désordonnés du 
marché des changes sont indésirables. Pour Tokyo, ce principe 
lui donne le droit d'intervenir si le yen, qui a atteint un pic 
de 17 mois face au dollar en début de semaine, s'écarte des 
niveaux conformes à ses fondamentaux. 
    Le gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda a 
qualifié d'"excessive" la hausse du yen depuis le début de 
l'année, utilisant pour la première fois cet adjectif pour 
qualifier l'évolution de la monnaie japonaise. 
 
 (Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par 
Wilfrid Exbrayat) 
 
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