G.Brenier : " Vraiment de grosses ambitions "

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G.Brenier : " Vraiment de grosses ambitions "
G.Brenier : " Vraiment de grosses ambitions "
Le directeur des équipes de France messieurs Gilles Brenier se montre confiant quant aux chances françaises pour la saison qui s'ouvre ce week-end par le traditionnel géant de Sölden. Celui-ci revient sur tout le travail réalisé en amont pour préparer au mieux cette nouvelle saison.

Gilles Brenier, si vous deviez faire un petit état des lieux de la saison dernière, quel serait-il ?
Je pense que l'on a fait une bonne saison. L'équipe a été en progression. On avait beaucoup travaillé sur la régularité pour essayer de marquer des points le plus possible et jouer aussi des classements. On finit deuxième nation derrière l'Autriche en termes de points marqués en Coupe du monde. Donc on a encore progressé, dans l'homogénéité et la régularité. Maintenant, par rapport aux individualités, on est un peu restés sur notre faim. Aux Jeux Olympiques, on pensait faire une ou deux médailles de plus, et c'est vrai qu'on est un peu passé à coté. Les médailles de Steve Missilier et Alexis Pinturault (ndlr : argent et bronze en géant) sont deux belles médailles parce qu'il fallait aller les chercher. C'était une discipline où on était favoris. Je suis assez content que les gars aient répondu présent. On a prouvé qu'on savait être présent aussi quand on était des favoris.

Il y a du potentiel, mais il y a aussi un peu de déception. Comment avez-vous analysé ces JO ?
Les résultats auraient pu être meilleurs. On est passé à coté d'une ou deux médailles dans certaines disciplines. Notamment en super-combiné, où on aurait pu vraiment le faire, et où on n'a pas été bons. Après, on a analysé la situation afin de savoir pourquoi ces médailles, on les a ratées. On a mis en place du travail pour préparer cette nouvelle saison et être plus opérationnels par rapport à ces différentes situations.

Quel a été votre axe de travail ?
L'axe de travail, c'était de travailler un peu plus large. Concernant Alexis (Pinturault), je pense que si on a raté la médaille l'année dernière au super combiné, je pense aussi qu'on l'a ratée en descente. On avait plus axé le travail sur le géant et le slalom. Cette année, on a rectifié le tir. Alexis est allé travailler après son stage à Ushuaia ; il est allé passer quinze jours avec les descendeurs pour faire de la vitesse, donc pour travailler dans ces disciplines et avoir plus de sérénité et d'expérience par rapport à l'approche de la vitesse.

« Si l'équipe est forte, elle permet aux individualités d'être encore meilleures »

Est-ce qu'on peut dire que, dans cette équipe, il y a une homogénéité entre les garçons d'expérience et les jeunes ?
Oui, c'est aussi ce qu'on essaie de faire : garder un état d'esprit d'équipe. C'est-à-dire, quand les jeunes arrivent et sont mélangés avec les anciens, de garder cette dynamique, et cette concurrence saine, sportive à l'entraînement. On essaie aussi de bien leur expliquer que c'est quand même beaucoup plus facile quand on a une équipe forte, que les individualités sont encore meilleures. Si l'équipe est forte, elle permet aux individualités d'être encore meilleures. Surtout, quand on est une équipe, s'il y a des problèmes, le groupe absorbe le négatif. Ça permet aussi aux coureurs qui sont un peu moins bien parfois de venir se ressourcer à l'intérieur du système et de ne pas être en marge. Donc, on développe vraiment cet esprit d'équipe. Même si on est dans un sport individuel, il est super important. On vit plus de 200 jours par an ensemble. On est presque une grande famille. C'est important que ça se fasse dans la sérénité, que chacun puisse avoir ses marques, qu'il n'y ait pas de tension ou de problème par rapport à cette vie d'équipe afin d'exercer pleinement leur pratique sportive.

Vous appuyez-vous sur ceux qui ont plus d'expérience ?
Bien sûr. Les « anciens » ont un très bon état d'esprit et nous servent de leaders, en termes d'entraînement, de comportement, de motivation. Ce sont vraiment des exemples. Faire l'amalgame, et de le faire en plus dans la franche camaraderie en étant une bande de copains, c'est important.

La saison va débuter, comment la sentez-vous ?
L'équipe de France est en forme, on s'est bien préparé jusqu'à maintenant. On a eu des petits problèmes pour le stage de vitesse dans l'hémisphère sud parce qu'on a eu de mauvaises conditions. J'ai dû changer de lieu de stage en cours de préparation, pour retrouver des conditions plus favorables. On a quand même fini sur dix bons jours d'entraînement donc, dans l'ensemble, c'est relativement positif. L'équipe est, je pense, en forme. Le groupe technique est vraiment bon, avec beaucoup de potentiel. On a certainement la meilleure équipe en géant. Je pense que l'on va attaquer la saison en étant bien, sereins et avec de gros objectifs.

« Les ambitions, elles sont là, elles sont présentes »

Qu'est ce qui fait la différence entre une nation comme la France, et des pays comme l'Autriche ou la Suisse ?
En Autriche, le ski est le sport numéro un, le foot est derrière. Nous, en France, nous sommes loin derrière le foot. Donc nous, l'intérêt pour les jeunes du ski, à part si vous habitez à la montagne et près des pistes de ski, c'est difficile. En Suisse, le ski est un sport majeur. C'est difficile de se comparer avec ces deux nations. Nous sommes quand même une grande nation du ski parce qu'on a les remontées mécaniques, même si on est passé deuxième derrière les Etats-Unis. Mais en tout cas nous avons un domaine skiable qui est un des plus beaux du monde mais ce sport n'est pas majeur.

Qu'est ce qu'il faudrait faire ? Détecter les jeunes plus tôt ?
Nous détectons les jeunes plus tôt. Après, je pense que c'est surtout le quantitatif, l'attrait du ski. On a des jeunes qui sont en grande partie savoyards, après on en a certains qui viennent du Dauphiné, un peu des Vosges, un petit peu des Pyrénées. Il y a d'autres centres du ski qui sont hors Savoie et en Haute-Savoie qui pourraient être plus productif. Mais c'est compliqué. Le ski est aussi un sport assez cher, nous n'avons aucun jeune des villes. Il y a surement un potentiel dans les jeunes des grandes villes. C'est compliqué de préparer un stage de ski, ce n'est pas comme un gymnase et un ballon au milieu.

Quels sont les objectifs de la saison ?
Les ambitions, elles sont là, elles sont présentes. On a remis en place des structures d'entraînement et des programmations de stage depuis le printemps. Nos ambitions sont très hautes. Je vous le dis, l'important, ce serait de faire trois médailles aux Championnats du monde parce que je pense que c'est quelque chose que nous sommes capables de faire. Et sur les trois médailles, on est aussi capable d'avoir un titre de Champion du monde. On a aussi comme objectifs d'être sur les podiums à chaque course en Coupe du monde, de jouer les petits Globes, que ce soit en slalom, en géant, en vitesse. Et le Globe du classement général en Coupe du monde. Alexis (Pinturault) a les qualités pour, on travaille depuis deux ans pour le faire évoluer et progresser dans la polyvalence et pouvoir maintenant rivaliser avec (l'Autrichien Marcel) Hirscher et (le Norvégien Aksel Lund) Svindal (ndlr : sérieusement blessé depuis la réalisation de cet entretien). L'équipe a vraiment de grosses ambitions pour cette prochaine.

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