Fusions-acquisitions à la peine en Europe, forte reprise aux USA

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FUSIONS-ACQUISITIONS À LA PEINE EN EUROPE
FUSIONS-ACQUISITIONS À LA PEINE EN EUROPE

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Les espoirs de reprise du marché des fusions et acquisitions en Europe ont été douchés au premier trimestre avec un net repli des transactions.

Et après le passage à vide de 2012, l'Europe a même décroché face aux Etats-Unis, où l'activité est repartie en trombe, soutenue par les fonds d'investissement.

Les transactions impliquant une entreprise européenne ont chuté de 44,85% en volume par rapport au premier trimestre 2012, sur la base de données arrêtées au 19 mars 2013, montre l'étude trimestrielle Thomson Reuters.

Elles ont en revanche grimpé de 44,75% aux Etats-Unis, portées par le rachat de Heinz par Berkshire Hathaway et 3G Capital pour 28 milliards de dollars ou encore par l'offensive du câblo-opérateur Liberty Global sur Virgin Media.

Au niveau mondial, les transactions ont reculé de près de 13%.

La contraction des transactions en Europe, engluée dans la récession et une nouvelle fois au centre des attentions avec le risque d'effondrement du système financier chypriote, succède à une année 2012 sinistrée sur le front du M&A.

En France, les volumes sont en chute de 45% entre début janvier et le 19 mars 2013 par rapport au premier trimestre 2012, après avoir déjà été divisés par deux l'an dernier.

"Il y a tellement eu de pression sur les entreprises ces deux dernières années pour qu'elles se désendettent que certaines entreprises commencent à marquer une pause dans l'assainissement de leur bilan", commente Stéphane Bensoussan, responsable des activités M&A de HSBC France.

"Les entreprises veulent maintenant se concentrer sur l'activité, sur l'opérationnel et sur la réduction des coûts. Elles se montrent plus sélectives dans les cessions tout en restant très conservatrices sur les acquisitions."

"CALME PLAT"

Le secteur bancaire et l'énergie ont dans une certaine mesure sauvé les banquiers d'affaires de la déprime.

Le rachat par BPCE des certificats coopératifs d'investissement que Natixis détient dans les Banques populaires et les Caisses d'épargne ainsi que la vente par GDF Suez et l'allemand E.ON de leurs parts dans l'opérateur gazier slovaque SPP sont les opérations les plus marquantes du trimestre. et

Elles permettent à JP Morgan, Rothschild et Citi d'occuper le top 3 des banques-conseil. Grâce à l'opération BPCE/Natixis, la société de conseil Détroyat et Associés fait son apparition dans le classement à la 5e place, derrière la banque Lazard.

"C'est le calme plat. L'Europe est à la traîne des Etats-Unis. C'est un peu partout le cas en Europe", peste un banquier parisien. "On arrive au bout du 'deleveraging'."

"Malheureusement, pour le moment, je ne vois pas de signe de rebond", constate un autre banquier parisien. "Cela va rester compliqué en Europe pour les années qui viennent."

Pour les plus optimistes, les secteurs de l'immobilier et des infrastructures laissent entrevoir des transactions potentielles pour les mois qui viennent.

La vente en cours par Total de sa filiale de transport et de stockage de gaz TIGF au consortium emmené par l'italien Snam pourrait ainsi donner des idées à GDF Suez qui vise 11 milliards d'euros de désinvestissements en 2013 et 2014.

Pour certains banquiers, l'intérêt d'investisseurs qataris pour le groupe Printemps montre aussi que l'immobilier reste un secteur propice aux transactions.

"Pour des actifs comme les infrastructure ou l'immobilier avec une composante luxe ou tourisme, les opérations se font, il y a de vraies enchères, de bons niveaux de valorisation", commente Stéphane Bensoussan, de HSBC France. "Il y a beaucoup d'appétit de la part d'opérateurs du secteur ou de fonds souverains."

Au niveau mondial, l'immobilier a été au premier trimestre le deuxième secteur le plus actif en termes de transactions, après l'énergie. En France, il a aussi occupé la deuxième place, derrière le secteur financier.

Edité par Dominique Rodriguez

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