Fusion GDF-Suez: "L'énergie doit rester un service destiné à la satisfaction des besoins sociaux et non du profit" (Olivier Besancenot)

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Boursorama a envoyé 10 questions d'ordre économique à l'ensemble des candidats à la présidentielle.

10) Etes-vous favorable à la fusion GDF-Suez ?

Olivier Besancenot : Non. La production et la distribution du gaz doit rester un service public, régi par la satisfaction des besoins sociaux (et non le profit privé) et l’existence d’un monopole public sur cette activité.

Dominique Voynet : Non. Je suis favorable à un pôle public de l’énergie, dont la double mission sera de produire de l’énergie et d’économiser de l’énergie. Cette double mission ouvre de nouvelles opportunités de développement à ce pôle, dans l’isolation des bâtiments, dans l’efficacité énergétique des matériaux, etc. Cette vision stratégique s’accompagnera d’une exigence de démocratisation des grands choix énergétiques.

Ségolène Royal : Le gouvernement actuel a cherché à privatiser en catastrophe GDF en le rapprochant de Suez, et il a fait les frais de sa précipitation. Pour moi, l’avenir de GDF se situe dans un grand pôle national de l’énergie. L’Etat doit conserver le contrôle de ce pôle afin de préserver notre indépendance énergétique et la sécurité des installations, et de garantir le respect de nos engagements environnementaux.

Jean-Marie Le Pen : Des arguments négatifs et positifs existent quant au bien-fondé économique de la fusion GDF-Suez.

Philippe de Villiers : J’ouvrirai une réflexion pour trouver la meilleure solution qui assure la préservation de notre souveraineté énergétique.

Marie-George Buffet : Depuis sa livraison au marché financier en 2004, GDF, engagé dans une fuite en avant concurrentielle avec EDF, a terriblement besoin de coopérations, ne disposant d’aucun gisement gazier mais possédant un réseau performant de distribution dans l’hexagone. De son côté, le groupe Suez, aussi gros soit-il, est confronté à un gigantesque bras de fer avec l’allemand EON, l’italien ENEL ou l’espagnol ENDESA. Surtout, il ne posséde aucune voie d’accès en matière énergétique au marché intérieur français. Au lieu de chercher à organiser les coopérations franco-françaises nécessaires entre GDF, EDF, Suez, la COGEMA et les coopérations européennes tout aussi indispensables, le choix fait accentuera la guerre concurrentielle en France et en Europe pour le plus grand profit de quelques gros actionnaires comme ceux du groupe belge Bruxelles Lambert. Surtout, c’est EDF qui devient la cible désormais, d’autant plus que, spécialisé sur l’électricité, l’énergéticien français se trouvera confronté sur le marché français à la concurrence décuplée d’un groupe multiservices (électricité, gaz, eau, traitement des déchets). L’affaire est extrêmement grave. Pour l’emploi d’abord : 160 00 salariés chez Suez, 8 000 agents uniquement GDF, 60 000 agents en commun entre EDF et GDF. Mais elle est extrêmement grave aussi pour les ménages, comme pour les collectivités territoriales (communes, départements, etc.) qui aspirent à ce que l’eau, l’énergie, le traitement des déchets soient des biens publics offerts par des entreprises qui visent l’efficacité sociale au lieu de rechercher la rentabilité financière. Nous demandons que les rapprochements nécessaires se fassent dans le but prédominant de la sécurisation de l’emploi, de la promotion de la formation, de la défense et du développement de services publics de qualité dans tous les métiers des différents opérateurs concernés. Le noyau de cette nouvelle coopération devrait être un pôle à prédominance publique et sociale regroupant EDF, GDF, la COGEMA, AREVA...et désormais Suez. Organisons la convergence de toutes les forces intéressées lors du Conseil européen de printemps, afin d’exiger un moratoire de la déréglementation énergétique en vue d’un bilan contradictoire, de travailler à des propositions de coopérations alternatives...Dans l’immédiat, nous proposons que l’affaire soit immédiatement suspendue et qu’elle soit examinée par la représentation nationale, mais aussi par les élus locaux, par toutes les forces syndicales et associatives, notamment d’usagers.

Lire l'intégralité du questionnaire économique envoyé aux candidats



Nicolas Sarkozy (UMP), François Bayrou (UDF), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), Frédéric Nihous (CPNT), José Bové (Gauche antilibérale) et Gérard Schivardi (Candidat de Maires soutenu par le Parti des Travailleurs) n'ont pas répondu à ce questionnaire.
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