Fusillade en Californie, la piste terroriste "pas exclue"

le , mis à jour à 12:21
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    * Des bombes retrouvées sur les lieux de la fusillade 
    * Les deux suspects ont été identifiés 
    * Les suspects tués au terme d'une chasse à l'homme 
 
    par Tim Reid et Dan Whitcomb 
    SAN BERNARDINO, Californie, 3 décembre (Reuters) - Un homme 
et une femme armés de fusils d'assaut ont ouvert le feu sur une 
fête dans les locaux des services sociaux à San Bernardino en 
Californie, abattant 14 personnes et en blessant 17 autres, 
avant d'être eux-mêmes tués par la police quelques heures après 
la fusillade, au terme d'une chasse à l'homme. 
    Les deux suspects ont été identifiés par la police comme 
étant Syed Rizwan Farook, un jeune homme de 28 ans, et Tashfeen 
Malik, jeune femme de 27 ans, qui selon la police étaient 
peut-être mariés ou fiancés. Ils sont les seuls tireurs à avoir 
été impliqués dans la fusillade, qui a demandé des préparatifs, 
a déclaré la police. 
    Si leur mobile n'est pas clair pour le moment, "nous 
n'excluons pas qu'il s'agisse de terrorisme", a déclaré le chef 
de la police de San Bernardino, Jarrod Burguan. Si Farook est né 
aux Etats-Unis, la nationalité de la jeune femme, elle, n'a pas 
encore été déterminée. 
    Selon le chef de la police, Farook était un employé des 
services de santé du comté. Présent à la fête, il en est sorti à 
un moment donné puis est revenu avec sa compagne et a ouvert le 
feu sur la foule. Les deux assaillants portaient des tenues 
d'assaut et avaient également disposé des bombes en plusieurs 
endroits, que la police a fait exploser par la suite, sous 
contrôle. 
    Il s'agit de la fusillade la plus meurtrière aux Etats-Unis 
depuis le massacre de l'école primaire de Newton, dans le 
Connecticut, qui avait fait 27 morts en décembre 2012, dont le 
tireur. 
    La tuerie de San Bernardino relance une énième fois les 
inquiétudes face aux violences avec armes à feu aux Etats-Unis. 
Depuis le début de l'année, il y a eu plus de 350 fusillades au 
cours desquelles quatre personnes voire davantage ont été 
blessées ou tuées, selon le site shootingtracker.com, qui 
recense ces violences aux Etats-Unis. 
    L'attaque de San Bernardino, ville ouvrière de 220.000 
habitants à une centaine de kilomètres à l'est de Los Angeles, 
semble cependant différente des autres fusillades aux 
Etats-Unis, et ce à plusieurs égards, notamment par le fait 
qu'elle a engagé deux personnes et non pas un seul individu. 
     
    APPEL D'OBAMA 
    Une troisième personne a été interpellée alors qu'elle 
fuyait les lieux de la fusillade en compagnie des suspects, mais 
Burguan a dit ne pas être sûr qu'elle ait été impliquée dans 
l'attaque. 
    "Il s'agit de personnes qui s'étaient préparées", a pointé 
Jarrod Burguan lors d'une conférence de presse. "Elles étaient 
habillées et équipées d'une manière qui traduisait leur état de 
préparation. Elles avaient des fusils, pas des pistolets". 
    David Bowdich, directeur adjoint régional du FBI, a indiqué 
que les autorités n'excluaient pas la piste terroriste. 
    "C'est une possibilité, mais nous ne savons pas encore", 
a-t-il dit à la presse. "Il est possible que l'enquête s'oriente 
dans cette direction. Il est aussi possible que non". 
    Lors d'une conférence de presse organisée par le Conseil des 
relations américano-islamiques (CAIR), le beau-frère de Farook, 
Farhan Khan, s'est dit sidéré par ce qui s'était passé. 
    "Pourquoi a-t-il fait une chose pareille? Je n'en ai pas la 
moindre idée. Je suis en état de choc", a dit Farhan Khan lors 
de la conférence de presse, à Anaheim en Californie.  
    Selon Hussam Ayloush, directeur exécutif du CAIR pour la 
région de Los Angeles, on était sans nouvelle du couple - qui 
avait un bébé de six mois - depuis mercredi matin. Le bébé avait 
alors été laissé à la mère de Farook. 
    La chasse à l'homme a mené la police tout d'abord jusqu'à 
une maison de la ville voisine de San Bernardino, Redlands, et 
la police a ensuite poursuivi un véhicule suspect sortant de la 
propriété et reprenant la route de San Bernardino. C'est dans 
cette maison que le couple avait laissé son bébé mercredi matin. 
    Des dizaines d'écoles, de centres administratifs et 
d'hôpitaux ont été placés en état d'alerte à San Bernardino 
après la fusillade. 
    Le président américain Barack Obama, qui milite en vain pour 
l'adoption d'une législation sur le contrôle des armes à feu aux 
Etats-Unis, a invité ses concitoyens à ne pas considérer que les 
fusillades de ce type "font partie du cours normal des 
événements, parce que cela ne se produit pas aussi fréquemment 
dans les autres pays". 
 
 (Bertrand Boucey et Eric Faye pour le service français) 
 
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