Fumée noire au premier soir du conclave, pas de pape élu

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PAS DE PAPE ÉLU AU PREMIER TOUR DE SCRUTIN DU CONCLAVE
PAS DE PAPE ÉLU AU PREMIER TOUR DE SCRUTIN DU CONCLAVE

par Crispian Balmer et Philip Pullella

CITE DU VATICAN (Reuters) - La première réunion du conclave dans la chapelle Sixtine et le premier tour de scrutin auquel ont participé 115 cardinaux n'ont pas permis de désigner un nouveau pape, mardi.

Une fumée noire s'est échappée de la cheminée de la célèbre chapelle vaticane vers 19h40, environ deux heures après la fermeture des portes du conclave.

Les prélats resteront cloîtrés dans la cité sainte jusqu'à ce qu'ils s'accordent sur le nom d'un successeur à Benoît XVI, qui a quitté ses fonctions le 28 février, à l'âge de 85 ans.

Pour les fidèles présents sur la place Saint-Pierre, la désignation d'un souverain pontife est annoncée par une fumée blanche. Des milliers d'entre eux s'étaient réunis mardi soir sur la place pour attendre la toute première fumée.

Aucun conclave, dans l'histoire contemporaine, n'a élu le pape dès le premier tour de scrutin. Certains cardinaux estimaient cette semaine qu'il faudrait sans doute quatre ou cinq jours pour trouver un successeur à Benoît XVI.

Mercredi, quatre scrutins pourront avoir lieu pour tenter d'élire le 266e pape - deux le matin, deux autres l'après-midi.

Les portes de la chapelle Sixtine se sont refermées mardi à 17h34 sur les 115 cardinaux électeurs chargés d'élire le nouveau pontife.

Les "princes de l'Eglise", tous âgés de moins de 80 ans, avaient auparavant pénétré en procession et en entonnant des chants sacrés dans la chapelle Sixtine.

Ils sont tenus au secret et ne peuvent sortir de l'édifice décoré des fresques de Michel-Ange que pour un sommeil à la Maison Saint-Marthe voisine.

"L'Eglise tout entière, unie avec nous dans la prière, demande en ce moment la grâce de l'Esprit-Saint de manière à élire un pasteur digne de ce nom pour l'ensemble des fidèles du Christ", a commenté en latin un cardinal alors que s'ébranlait la procession.

Ils ont ensuite entonné "la litanie des saints" pour demander nommément à plus de 150 saints de les guider dans leur choix pour choisir le futur chef de l'Eglise catholique après la renonciation surprise, le 28 février, de Benoît XVI.

Une fois à l'intérieur de la chapelle, ils ont pris leurs sièges et ont entonné un hymne au Saint-Esprit, invité à "rendre visite à leurs esprits" durant le processus de vote.

Puis ils ont lu un serment en latin dans lequel ils s'engagent à respecter toutes les règles du conclave, notamment celle imposant le secret le plus absolu sur leurs délibérations.

Le maître de cérémonie a alors lancé le traditionnel "Extra omnes" (tout le monde dehors), ordonnant à tous les non-électeurs de quitter la chapelle.

ESPOIR ET SOIF DE CHANGEMENT

En fin de matinée, l'ensemble des cardinaux - les 115 électeurs et ceux, octogénaires, qui n'ont plus voix au chapitre - avaient assisté dans la basilique Saint-Pierre de Rome, à la grand-messe solennelle "Pro Eligendo Romano Pontefice" ("Pour l'élection du pontife romain") qui précède le conclave.

Ils ont demandé à Dieu de les éclairer pour leur permettre de choisir le prélat le plus à même de succéder à Benoît XVI.

Joseph Ratzinger a, fait rarissime, renoncé à ses fonctions, expliquant que son âge et son état de santé ne lui permettaient plus de diriger une Eglise fragilisée par des affaires d'abus sexuels, en proie aux luttes intestines et confrontée aux difficultés financières et aux avancées de la laïcité.

La messe, publique, a été dite par le cardinal Angelo Sodano, doyen du Collège des cardinaux. Dans son homélie, il a demandé que "le Seigneur nous accorde un pontife qui embrassera sa noble mission avec un coeur généreux."

Le conclave, dont rien ne doit filtrer, pourrait durer plusieurs jours, aucun favori ne se dessinant clairement. Selon les observateurs, l'Italien Angelo Scola, archevêque de Milan, et le Brésilien Odilo Scherer, archevêque de Sao Paulo, l'abordent toutefois en position favorable.

Si Angelo Scola est élu, l'Eglise aura un pape italien pour la première fois depuis 35 ans. Si le second l'emporte, les catholiques romains seront dirigés par un non-Européen pour la première fois en 1.300 ans.

Mais d'autres cardinaux font figure de "papabile", comme les Nord-Américains Timothy Dolan, archevêque de New York, Sean O'Malley, archevêque de Boston, et Marc Ouellet, le préfet québécois de la Congrégation pour les évêques. Le nom de l'Argentin Leonardo Sandri, né à Buenos Aires de parents italiens, revient aussi dans les pronostics d'avant-conclave.

Le fait qu'un quart seulement des catholiques vivent en Europe peut peser en faveur d'un non-Européen, même si la composition du conclave est plus européen, plus conservateur et plus "romain" que celui qui a élu le pape démissionnaire il y a près de huit ans.

Avec 60 électeurs sur un total de 115, les Européens sont légèrement majoritaires, les cardinaux italiens formant le principal groupe d'électeurs (28).

Avec Naomi O'Leary et Tom Heneghan, Danielle Rouquié, Jean-Loup Fiévet et Eric Faye pour le service français

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