Fukushima, une facture très salée

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L'accident nucléaire de Fukushima (Japon) s'est avéré financièrement insurmontable pour l'exploitant TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany).
L'accident nucléaire de Fukushima (Japon) s'est avéré financièrement insurmontable pour l'exploitant TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany).

TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany) vient de revoir son estimation très nettement à la hausse.


Les négligences conjointes de l'exploitant TEPCO et des pouvoirs publics ont activement contribué à augmenter la possibilité d'un accident grave sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Le pire a fini par s'y produire, en mars 2011, à la suite d'un tremblement de terre de magnitude 9 sur l'échelle de Richter et d'un tsunami d'une intensité bien supérieure aux prévisions officielles les plus pessimistes.


Il aura fallu attendre plus d'un an et demi avant que TEPCO reconnaisse avoir sciemment minimisé les risques de catastrophes naturelles. Il y a quelques jours à peine, l'Autorité japonaise de régulation nucléaire, créée cette année et chargée notamment d'établir davantage de transparence dans une filière souvent décriée par les écologistes en raison de ses innombrables secrets, a de son côté révélé que quatre membres de l'équipe gouvernementale établissant des normes de sécurité atomique ont vu leurs travaux pour partie financés par des groupes énergétiques et des fabricants. D'où de fortes présomptions de décisions « téléguidées » et moins regardantes envers la sûreté qu'elles n'auraient dû l'être.


En clair, la catastrophe de Fukushima, sans équivalent hormis celle de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, aurait très certainement pu être évitée avec moins d'inconséquence. Elle a aussi engendré des coûts mirobolants. Nationalisé depuis cet été ? il n'aurait pas pu survivre « en l'état » -, le groupe TEPCO les a reconsidérés, évaluant avant-hier le traitement du drame à dix mille milliards de yens, soit environ cent milliards d'euros et deux fois plus que ce qui était originellement prévu.



Un interminable calvaire


Un chiffre qui tient compte à la fois de la décontamination et du dédommagement de l'ensemble des victimes, mais qui n'intègre pas les charges inhérentes au démantèlement des quatre réacteurs de l'unité accidentée, une tâche aussi longue qu'onéreuse. « TEPCO précise par ailleurs dans un document qu'une rallonge du même ordre de grandeur sera nécessaire en cas de décontamination d'une zone plus étendue que celle définie initialement et pour la construction de sites de stockage temporaires de détritus radioactifs », rapportent nos confrères de l'AFP.


Dans l'incapacité d'assumer seule les dépenses consécutives à l'accident de Fukushima, l'entreprise plaide également pour une refonte des schémas existants pour le financer. « Nous devons discuter avec le gouvernement des besoins selon plusieurs scénarios », a indiqué son président Kazuhiko Shimokobe, cité par l'AFP et pour qui la meilleure solution serait que TEPCO redevienne in fine un groupe privé, indemnise les victimes et continue à fournir de l'électricité.


Tokyo s'étant prononcée pour un abandon progressif du nucléaire civil, sans doute l'entreprise devra-t-elle diversifier ses activités. Elle n'est en tout cas pas sortie de l'auberge.


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