Fukushima, la piscine de la peur

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La piscine de la centrale de Fukushima abrite mille cinq cents barres de combustible nucléaire. Si elle venait à se vider après un tremblement de terre, les conséquences humaines et environnementales seraient terribles...
La piscine de la centrale de Fukushima abrite mille cinq cents barres de combustible nucléaire. Si elle venait à se vider après un tremblement de terre, les conséquences humaines et environnementales seraient terribles...

La piscine du réacteur numéro quatre de la centrale accidentée abrite plusieurs centaines de barres de combustible nucléaire.


Alors que l'opposition à l'atome civil ne faiblit pas dans le pays, au contraire (des manifestations rassemblant plusieurs centaines sinon plusieurs milliers de personnes ont même lieu chaque semaine devant les bureaux du Premier ministre Yoshihiko Noda, en poste depuis un an presque jour pour jour), le gouvernement japonais a eu la bonne idée de réitérer la semaine dernière son souhait de sortir du nucléaire « à moyen ou à long terme ». Bûchant sur une stratégie énergétique qui courra jusqu'en 2030 et sera prochainement dévoilée, il sait que ses concitoyens demeurent traumatisés par l'accident de Fukushima qui, dix-sept mois après, fait toujours parler de lui.


À quelle date le Japon projette-t-il d'abandonner l'atome, prenant ainsi exemple sur l'Allemagne et la Suisse, qui ont annoncé un démantèlement de l'ensemble de leurs unités respectivement d'ici 2022 et 2034 ? Le verdict tombera d'ici peu, mais nul besoin d'être expert pour prédire de nouvelles mesures destinées à favoriser l'essor des énergies renouvelables et à soutenir les économies d'énergie, domaine dans lequel nos amis nippons ont excellé quand la totalité des cinquante-réacteurs nucléaires du pays étaient à l'arrêt. Deux d'entre eux, les numéros trois et quatre de la centrale d'Ohi, ont depuis repris du service, au grand désarroi de millions de Japonais aux pour qui, c'est désormais une certitude absolue, la poursuite du programme nucléaire relève de la folie.



La menace de nouvelles catastrophes naturelles majeures est à prendre en considération


Un point de vue rendu compréhensible par la situation à Fukushima-Daiichi, malgré l'« arrêt à froid » des réacteurs, effectif depuis décembre dernier. La piscine du réacteur numéro quatre de la centrale accidentée, laquelle ne sera pas démantelée avant deux voire trois décennies, abrite en effet quelque mille cinq cents barres de combustible nucléaire qui pourraient être exposées à l'air libre si ladite piscine venait à se vider, ce qui aurait bien entendu un impact sanitaire et environnemental catastrophique.


Terrifiante, cette hypothèse est rendue envisageable par la vulnérabilité de la région aux catastrophes naturelles, séismes et autres tsunamis. « Une nouvelle secousse pourrait endommager davantage la piscine, la vider de son eau et déclencher le réchauffement inextinguible, donc l'émission radioactive, des barres », détaillent nos confrères du Figaro.


L'exploitant TEPCO s'est quant à lui voulu rassurant, soulignant que le bâtiment a été renforcé et peut désormais faire face à un tremblement de terre d'une violence comparable à celui qui a dévasté la zone le 11 mars 2011. Si toutefois un tel séisme se produisait et qu'en bout de course tout la piscine s'effondrait, les répercussions « pourraient être similaires ou pires que celles de Fukushima », prévient le quotidien sur son site Internet.


Dans ce cas encore, la direction des vents aurait une importance capitale. Car si cette fois ils soufflaient vers l'ouest et non en direction du Pacifique voisin, des émissions radioactives pourraient se propager au nord du Japon, aux deux Corées et même à la Chine. Entreprise à très hauts risques, le retrait des barres précitées n'est pas prévu avant fin 2013 dans le meilleur des cas. Puisse Dame Nature avoir l'élégance d'épargner la région d'ici là.


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