Front commun des syndicats contre le programme de François Fillon

le , mis à jour à 13:43
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Le programme social et économique du vainqueur de la primaire de la droite et du centre, François Fillon, préoccupe les syndicats de quelque bord qu'ils soient. Après Jean-Claude Mailly (FO) et Philippe Martinez (CGT), c'est le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger qui l'a jugé "très inquiétant" ce jeudi.

De gauche à droite : le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, celui de la CFDT, Laurent Berger et celui de la CGT, Philippe Martinez. ( AFP / KENZO TRIBOUILLARD )
De gauche à droite : le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, celui de la CFDT, Laurent Berger et celui de la CGT, Philippe Martinez. ( AFP / KENZO TRIBOUILLARD )

La perspective d'une victoire de François Fillon en mai prochain suscite une levée de bouclier chez la quasi-totalité des syndicats. "Une présidentielle, ce n'est pas une primaire d'un courant politique, c'est autre chose. Il faut rassurer les Français, notamment ceux qui souffrent le plus, ceux qui sont inquiets, (...) et ceux-là, je ne crois pas qu'il faille leur promettre de la sueur et des larmes en permanence", a déclaré Laurent Berger ce jeudi 1 décembre sur RTL.

Interrogé sur la promesse de François Fillon de supprimer 500.000 fonctionnaires, il a jugé "insupportable" de "pointer une espèce de culpabilité de fonctionnaires". "Arrêtons de parler des fonctionnaires comme si c'était une masse indéfinie. Ce sont des gens qui travaillent et qui exercent une mission de service public dans les hôpitaux, dans la sécurité et dans l'éducation", a-t-il souligné. Il ne sera "pas acceptable", a-t-il prévenu, de faire revenir à 39 heures les fonctionnaires "sans être payés 39 heures". Selon lui, "le vote FN s'ancre dans les territoires où les citoyens ont le sentiment d'avoir été abandonnés" par ces services publics.

LA FIN DU MONOPOLE SYNDICAL "CONTRE-INTUITIF"

Laurent Berger s'est aussi élevé contre le discours de François Fillon sur les syndicats et la volonté de l'ancien Premier ministre (2007-2012) de mettre fin au "monopole syndical". Validée en 2008, la règle prévoit actuellement qu'au premier tour des élections des délégués du personnel, chaque syndicat représentatif donne sa liste de candidats. Si le quorum n'est pas atteint (50% des électeurs inscrits), un second tour est organisé et dans ce cas, tout salarié peut présenter sa candidature - individuellement ou à plusieurs - à ces élections qui ont lieu tous les quatre ans dans les entreprises de plus de 11 salariés. François Fillon propose que ces candidatures "libres" soient possibles dès le premier tour

"Vouloir (s'en) passer, c'est contre-intuitif quand on veut développer le dialogue social", a-t-il déclaré. Et face à la prétendue faible représentativité des syndicats, Laurent Berger a souligné que Les Républicains avaient 200.000 adhérents quand la CFDT en comptait 800.000. Il a enfin indiqué avoir eu un contact avec le président du Sénat Gérard Larcher - proche de François Fillon et pressenti à Matignon en cas de victoire de la droite - et qu'une rencontre était prévue "dans les semaine à venir".

Résumé des propositions de François Fillon, candidat désigné par la droite à la pr&
Résumé des propositions de François Fillon, candidat désigné par la droite à la présidentielle 2017 en France selon les résultats partiels de la primaire. ( AFP / Thomas SAINT-CRICQ, Paz PIZARRO )

La ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, a estimé mardi à l'Assemblée nationale que "la fonction publique, c'est le patrimoine de ceux qui n'en ont pas", fustigeant la "logique strictement comptable" de la droite. "Nous n'avons pas la même conception des choses à droite qu'à gauche ; et la droite, comme son candidat à la présidentielle, n'a pas la même vision de la société future de la France", a déclaré la ministre, répondant à une question de la députée PS de Dordogne Colette Langlade.

De leur côté, quatre syndicats de la fonction publique, CGT, FSU, Solidaires, FAFP, ont organisé mardi un rassemblement pour défendre ses valeurs et dénoncer les attaques dont elle est l'objet, qui posent, selon eux, "la question de notre choix de société". Ils ont notamment demandé au gouvernement de "porter un discours fort" pour défendre la fonction publique et la réalité de son temps de travail avec "des CET pleins à craquer, jamais utilisés", des "heures supplémentaires non rémunérées", "la garantie d'un rendez-vous salarial en 2017" et la nécessité d'"avancer sur la question de la précarité grandissante dans la fonction publique", selon Solidaires.

"On souhaite que les politiques, François Fillon et tous ceux qui se présenteront à l'élection présidentielle, disent comment on fait (...) soit on ne rend plus de services, soit on les maintient et on les privatise et ça a un coût", a notamment déclaré Bernadette Groison (FSU). "Quel choix de modèle social voulons-nous ? C'est ce débat qui est ouvert", a-t-elle ajouté, parlant d'une fonction publique sur "la sellette".

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  • M3366730 hier

    Hé cela: Emploi à vie : pour 80% des 6 millions d’agents publics Rémunération moyenne : le salaire moyen dans l’administration est de 2153 euros net par mois dans le public (2434 euros dans la fonction publique de l’Etat) contre 2130 euros net dans le privé. Retraite : en 2014, l’âge moyen des départs en retraite était de 60 ans et 10 mois en moyenne dans la fonction publique, de 62 ans et 4 mois en moyenne dans le secteur privé. Les fonctionnaires cotisent moins !

  • M3366730 hier

    Hé bien ils devraient s'occuper de cela: http://www.contribuables.org/2016/01/les-10-differences-entre-les-salaries-du-public-et-du-prive/ Jours de congés : les fonctionnaires sont crédités de 45 jours de congés par an alors que la moyenne est de 36 jours dans le privé.Jours de carence : en cas de maladie, les fonctionnaires sont indemnisés dès le premier jour, tandis que les salariés du privé sont soumis à trois jours de carence.Absentéisme : un agent du secteur public prend en moyenne 27,7 jou

  • marigary hier

    Vive les syndicats avec leurs défauts et leurs qualités qui, en nombre d'adhérents, représentent beaucoup plus plus que les parties politiques.

  • bearnhar hier

    Si le monopole syndical n'existait pas, ils auraient encore moins de syndiqués, je veux siéger au CHSCT, je suis obligé de me syndiquer sinon je ne serai jamais élu, au passage j'engraisse donc un syndicat avec ma cotisation, mais heureusement je ne paye qu'au moment des élections.

  • akelacca hier

    Pour une fois, l'on aura peut être plus qu'une bataille de clocher.Plus qu'un Bouhhh les autres ils sont méchants.Mais un vrai choix de société.

  • akelacca hier

    les syndicats ont raison sur au moins un points : il s'agit d'une question de choix de société.L’élection présidentielle prochaine, sera probablement marqué par l'opposition entre des choix de société radicalements opposés, Entre ceux qui souhaitent un pays comuniste sans entreprises, ceux qui veulent emprunter pour augmenter la taille de l'état, ceux qui veulent réduire la taille de cet état et désendetter la france, et ceux qui sont pour le protectionnisme

  • Berg690 hier

    patjo47 vous représentez qui ?

  • patjo47 hier

    Il faut faire éclater cette CGT , Sud et FO qui ne représentent plus personne sauf dans la fonction publique et qui ne se battent que pour garder leurs priviléges honteux et leur trésor de guerre qui ne sert qu a payer les jours de gréve de leurs membres bons à rien sauf couler les entreprises et créer du chômage! Privatisons la SNCF et l EDF et ils sont morts...et vite

  • frenchto hier

    syndicats = 0%

  • f.peter hier

    Pourquoi vouloir garder à tout prix un système qui a mis la France là où elle est?