Free monte, le marché rassuré par le résultat des enchères 4G

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par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - L'action d'Iliad évolue en forte hausse vendredi à la Bourse de Paris en dépit du rejet de sa candidature au second tour des enchères pour les fréquences mobiles de 4e génération, le marché saluant la discipline financière de l'opérateur.

L'Arcep a annoncé jeudi l'attribution d'une deuxième série de licences 4G à SFR, France Télécom et Bouygues Telecom moyennant 2,64 milliards d'euros, permettant à l'Etat de récupérer au total près d'un milliard d'euros de plus que ce qui était attendu initialement.

Iliad, qui s'était démarqué au premier tour des enchères en décrochant un lot de 20 mégahertz devant SFR, a cette fois été recalé mais la société fondée par Xavier Niel a obtenu un droit d'itinérance auprès de SFR.

"Leur précédente offre pour un bloc 4G leur a permis d'obtenir ce qu'ils voulaient - un débit rapide dans les villes - et ils ont obtenu un accord d'itinérance, ce qui veut dire qu'ils pourront aussi couvrir les zones rurales", souligne un trader basé à Paris.

"Le scénario qui aurait eu un important impact négatif était celui qui aurait vu Free prendre des licences à l'un des gros acteurs", ajoute-t-il.

A 11h00, le titre bondit de 2,75% alors que l'indice sectoriel européen gagne seulement 0,63% dans le même temps. France Télécom avance de son côté d'un petit 0,4% tandis que Bouygues prend 0,7% et Vivendi 1,0%.

La technologie 4G, qui doit permettre des débits plus rapides sur les réseaux de téléphonie mobile à l'heure où de nouveaux usages comme la vidéo sur les smartphones font exploser le trafic de données, est jugée déterminante dans l'évolution du paysage concurrentiel des télécoms français.

SFR FAIT LE PLUS GROS CHÈQUE AU 2E TOUR

Posséder davantage de spectre 4G signifie pour un opérateur qu'il peut se différencier en offrant des débits plus importants et une meilleure qualité de service.

Iliad, qui s'apprête à se lancer sur le marché du mobile via Free Mobile, s'est toutefois abstenu de se livrer à une surenchère sur les prix pour obtenir une fréquence dite "d'or" dans la bande des 800 MHz, jugée de meilleure qualité par les experts.

"Iliad a été raisonnable", souligne un analyste basé à Paris.

"Il n'allait pas sortir en plus des 275 millions qu'il vient déjà de débourser pour les fréquences 2.6 GHz, 300, 350 ou 400 millions d'euros. Quand vous n'avez pas encore d'abonnés mobiles et que vous ne connaissez pas le succès qu'aura votre offre, cela aurait été prendre un énorme risque", ajoute-t-il.

Un trader estime de son côté que la fin des arbitrages sur une convertible arrivant à maturité le 1er janvier 2012 explique une partie de la hausse du titre. Cette échéance avait précédemment pesé sur le cours d'Iliad.

Au deuxième tour, SFR a mis 1,065 milliard d'euros sur la table pour décrocher deux lots, Orange en a remporté un pour 891 millions d'euros et Bouygues Télécom a décroché un lot également après avoir proposé 683,1 millions d'euros.

Au premier tour, Bouygues Télécom avait proposé un montant de 228 millions d'euros, Free Mobile 271 millions d'euros, Orange France 287 millions d'euros et SFR 150 millions d'euros.

"Le vrai gagnant c'est Bouygues. C'est lui qui a dépensé moins que les autres pour la même chose que les autres", estime l'analyste, ajoutant que "celui qui s'en tire moins bien, c'est plutôt SFR."

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier et Blaise Robinson, édité par Nicolas Delame

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