Free mobile doit transformer l'essai après un début éclair

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Free mobile doit transformer l'essai après un début éclair
Free mobile doit transformer l'essai après un début éclair

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Iliad, qui vient de réussir un démarrage en trombe sur le marché du mobile en France, doit à présent transformer l'essai en déployant son réseau sur l'ensemble du territoire et en commuant la rapide croissance de ses abonnés en bénéfices.

Invité du sommet Reuters des médias et des technologies, son directeur financier Thomas Reynaud a indiqué que la réussite du dernier né des opérateurs de téléphonie mobile dépendrait de la vitesse à laquelle il pourrait installer des antennes et faire migrer ses clients vers son offre la plus chère.

Lancé le 10 janvier, le quatrième entrant a déjà conquis 2,6 millions d'abonnés et près de 4% du marché au premier trimestre avec deux forfaits à prix cassés : un forfait de base à deux euros et un illimité à 19,99 euros par mois.

"Il est assez difficile après seulement cinq mois d'expérience de parler de manière définitive, nous n'avons pas encore atteint notre vitesse de croisière", a expliqué l'ancien banquier d'affaires à l'occasion du sommet organisé du 11 au 14 juin à New York, Londres et Paris.

"Chaque jour qui passe, nous affinons notre compréhension de ce qui se passe et de l'équation économique", a-t-il dit.

Le directeur financier n'a pas souhaité préciser à quel horizon le nouvel opérateur mobile pourrait devenir rentable ni le niveau de part de marché nécessaire pour atteindre l'équilibre.

"Nous avons toujours dit que notre activité mobile serait profitable à moyen long terme, nous le maintenons", a-t-il expliqué, en réaffirmant l'objectif d'atteindre à terme une part de marché de 15 à 25%.

Déployer un réseau mobile sur l'ensemble territoire sera l'un des principaux défis que devra relever l'opérateur qui se repose pour l'instant en partie sur le réseau de son concurrent France Télécom. Free lui versera en contrepartie un milliard d'euros sur trois ans.

"Nous avons eu un énorme succès commercial et nous aimerions beaucoup accélérer le déploiement de notre réseau", a-t-il dit, tout en prévenant que l'opération prendrait du temps, du fait, des autorisations nécessaires pour installer des antennes.

BONS RECRUTEMENTS AU 2E TRIMESTRE

Le groupe, qui prévoit d'investir au total un milliard d'euros dans la construction de son réseau, s'est donné pour objectif d'installer 2.500 antennes d'ici la fin de cette année, contre un millier en mars 2012.

"Le déploiement est en bonne voie par rapport à nos plans initiaux", a-t-il dit, en rappelant que le groupe s'était engagé à couvrir 90% de la population d'ici 2018.

Le lancement éclair de Free mobile à contraint ses concurrents installés à revoir en baisse une partie de leurs tarifs pour tenter de limiter la fuite de leurs abonnés vers le nouvel opérateur.

Plusieurs d'entre eux ont fait état d'une stabilisation des flux d'abonnés à partir du mois d'avril après trois premiers mois agités.

"Le deuxième trimestre a été bon en termes de recrutement", a pour sa part indiqué Thomas Reynaud, sans révéler le nombre de nouveaux abonnés.

"Sur la base du premier semestre, nous n'avons jamais été aussi confiants dans notre capacité à atteindre notre objectif de doubler la taille du groupe d'ici 2015, avec un chiffre d'affaires de 4 milliards d'euros", a-t-il dit.

Les débuts réussis de Free mobile contrastent avec les expériences laborieuses d'autres quatrièmes entrants en Europe.

L'espagnol Yoigo, contrôlé par Teliasonera, a mis cinq ans pour atteindre 3 millions de clients et a dégagé un cash flow positif à la fin 2011. En Grande-Bretagne, Hutchison's a attendu neuf ans pour atteindre 10% de part de marché et dégager ses premiers bénéfices.

"Il a fallu aux autres acteurs européens cinq à sept ans après leur lancement pour devenir rentables. Nous allons essayer d'y arriver plus rapidement".

Avec Alice Cannet, édité par Jean-Michel Bélot

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