Free attaque un universitaire pour dénigrement

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ATTAQUE EN DÉNIGREMENT D'UN UNIVERSITAIRE PAR FREE
ATTAQUE EN DÉNIGREMENT D'UN UNIVERSITAIRE PAR FREE

STRASBOURG (Reuters) - La société Free attaque en dénigrement un universitaire de Nancy auquel elle reproche d'avoir prédit, peu après son arrivée comme quatrième opérateur sur le marché de la téléphonie mobile, des conséquences désastreuses pour l'emploi, a-t-on appris auprès des deux parties.

Le fournisseur d'accès internet soupçonne Bruno Deffains, professeur d'économie à l'université de Paris II Panthéon-Assas, d'avoir été téléguidé par ses concurrents, comme l'écrit cette semaine Le Nouvel Observateur.

L'infraction de dénigrement ne tient pas, estime l'avocat du chercheur, Me Thibault de Montbrial.

"La demande de Free n'a qu'un seul objet, c'est de dissuader par la terreur judiciaire tous les gens qui viendraient à faire des articles, des analyses sur le marchés des télécom dont les conclusions ne plaisent pas à Free", a-t-il dit à Reuters.

Free, qui a introduit sa requête le 15 novembre devant le tribunal de grande instance de Paris, a obtenu une saisie conservatoire d'éléments qui s'est traduite par l'irruption d'un huissier et d'un informaticien accompagnés de policiers dans le bureau et au domicile de l'universitaire. Des fichiers ont été prélevés sur ses ordinateurs.

Dans l'étude, qui a fait l'objet d'un article dans le journal Les Echos du 11 juin 2012, Bruno Deffains estime que le modèle low cost de Free, en divisant par deux la facture moyenne acquittée par l'abonné, va entraîner une perte nette de 51.500 emplois sur 345.000 dans le secteur des télécoms.

Contacté par Reuters, Free récuse toute volonté de pression sur ses contradicteurs mais dénonce "une étude prétendument scientifique" d'une douzaine de pages avec laquelle Bruno Deffains a "harcelé toutes les rédactions".

Le nouvel opérateur conteste tant le nombre d'emplois menacés, qu'il estime, au minimum compensés par les 2.500 embauches auxquelles il a procédé, que les effectifs du secteur, qui ne dépasseraient pas les 60 à 80.000 personnes.

"Cette étude nous a causé un assez grand préjudice puisque ces chiffres sont devenus un point de référence pour ceux qui réfléchissent, parlementaires, gouvernants, journalistes", a expliqué un responsable d'Iliad, la maison mère de Free Mobile.

Pour étayer ses accusations relatives aux intérêts que Bruno Deffains défendrait à travers son étude, Free évoque ses collaborations avec Laurent Benzoni, lui-même enseignant à Paris II et associé du cabinet Tera Consultants au sein duquel il conseilla Bouygues Télécom devant le Conseil d'Etat.

C'était lors du recours introduit en 2009 par les trois opérateurs historiques de téléphonie mobile contre l'attribution d'une licence de troisième génération à la filiale d'Iliad.

Les requérants ont été déboutés et Free, entré sur le marché le 1er janvier 2012, annonçait 4,4 millions d'abonnés neuf mois plus tard, soit 6,4% du marché français du mobile.

Gilbert Reilhac, édité par Gilles Trequesser

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  • dodo0240 le jeudi 14 fév 2013 à 17:47

    Merci FREE d'avoir secoué le cocotier et que certains payés par des concurrents pour dire des mensonges, et oui l'emploi part et est déja délocalisé il suffit d'écouter les centres d'appels des uns et des autres sont déjà hors de nos frontières à bas coût au tarif d'un bol de riz