Frédéric Michalak : " Mon corps ne me suit plus "

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Frédéric Michalak : " Mon corps ne me suit plus "
Frédéric Michalak : " Mon corps ne me suit plus "

A tout juste 33 ans, Frédéric Michalak (77 sélections) a disputé samedi contre les Blacks son dernier match en équipe de France. Il ne s'attendait pas à une telle déroute, et espère lui aussi que les instances du rugby français vont faire quelque chose pour que les Bleus soient la priorité.

Frédéric Michalak, quel est votre premier ressenti après cette lourde défaite ?
C’est un bon retour à la réalité des choses. On est tombé sur la meilleure équipe du monde. Ils l’ont démontré de belle manière pendant 80 minutes. C’est dur car ça tombe sur nous. On ressent vraiment de l’impuissance face à ce genre d’équipe.

Il y avait plusieurs classes d’écart entre les deux équipes...
Oui, c’est flagrant. L’écart se creuse de plus en plus au fil des ans. Et des petites équipes deviennent plus grandes, donc la France va se retrouver encore plus loin si ça continue comme ça.

Comment c’était dans le vestiaire après le match ?
C’est difficile, car c’est une aventure qui a duré assez longtemps, et elle se finit, pour nous tous, de la plus mauvaise des manières. Je pensais finir ma carrière internationale sur une meilleure note...

Vous prenez votre retraite internationale ?
Oui, pour moi, c’est la fin, c’est sûr. Physiquement, c’est très compliqué de pouvoir tenir le haut niveau en permanence, et mon corps ne me suit plus. C’est triste d’arrêter comme ça. Je me suis tout imaginé, avec une Coupe entre les mains, mais je ne me suis pas du tout imaginé sortir comme ça. Encore une blessure... Je reviendrai de cette blessure, mais je vais maintenant me consacrer un peu plus au club et faire moins de matchs chaque année.

Comment se fait-il que l’équipe de France ne gagne plus ?
J’ai connu des équipes de France qui gagnaient. L’écart était conséquent à l’époque, il est encore plus grand aujourd’hui. On se rend compte que l’équipe de France n’est pas forcément mise dans les meilleures dispositions. On en a pris 60, je ne vais pas trouver d’excuses. Mais moi qui ai vécu à l’étranger, qui ai un peu vu d’autres choses, je pense que ce fossé va s’agrandir si on ne trouve pas de nouvelles résolutions.

« PSA nous a dit qu’il n’aurait rien changé de tout ce qu’il a fait »

Cette grosse préparation physique, c’était de la poudra aux yeux ?
Non, on contraire, on a enfin pu se préparer physiquement. Malheureusement, quand tu ne fais que défendre et que tu n’arrives pas bien à lancer ton jeu, sur les touches et les mêlées, si tu n’arrives pas à tenir le ballon parce que tu n’es pas bon dans les rucks, tu peux faire la meilleure préparation physique que tu veux, ce sont des petits détails qui te font défaut. Et contre les Blacks, ça va vite.

Les joueurs ont-ils l’impression d’avoir été délaissés par leurs dirigeants ?
Non, on n’est pas délaissé, mais il y a un système à revoir. Ça n’excuse pas le match qu’on a fait aujourd’hui. On en a pris 60, on assume. J’en parle depuis un moment. Il y a des choses à faire que toutes les nations font. Il faut se poser gentiment, se demander comment on peut faire évoluer l’équipe de France sur les années qui arrivent, car d’autres équipes arrivent en force.

L’équipe de France doit être prioritaire ?
Si on veut que la France gagne, si on veut que les jeunes qui arrivent puissent connaître le haut niveau, il faut qu’ils puissent s’étoffer physiquement, jouer en club, jouer ces grandes nations, et qu’ils sentent que le niveau se rapproche.

Que vous a dit PSA dans le vestiaire ?
Il a dit qu’il fallait rester fier malgré tout, que c’était une belle aventure pour lui, qu’il n’aurait rien changé de tout ce qu’il a fait. C’est une triste sortie pour lui, comme nous tous. 

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