Frédéric Lenoir, philosophe : « L'histoire oscille entre stabilité et désordre »

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Frédéric Lenoir, philosophe : « L'histoire oscille entre stabilité et désordre »
Frédéric Lenoir, philosophe : « L'histoire oscille entre stabilité et désordre »

Pour le philosophe, c'est avant tout, une profonde perte de repères qui nourrit le sentiment anxiogène qui traverse notre pays.

D'où vient ce sentiment profond de mal-être et de peur des Français ?

FRÉDÉRIC LENOIR. A tort ou à raison, il est nourri par le sentiment que les autorités, les dirigeants, n'ont plus réellement de prise sur le cours des choses, qu'il n'y a plus d'instances régulatrices efficaces, non plus ! Cela se ressent au plan national, mais aussi international. En fait, nous sommes toujours en train de digérer le choc de la fin de la guerre froide. Pendant cinquante ans, elle a donné au monde et aux Français une illusion de stabilité et d'ordre mondial. Mais ce temps-là est révolu. Du coup, on a l'impression que la planète est sans boussole et qu'elle n'est plus que crise, désordre. Pourtant, il y a aujourd'hui infiniment moins de conflits que lors du XXe siècle et ils sont également beaucoup moins meurtriers.

La période que nous traversons n'est donc pas si sombre ?

Objectivement, non. La guerre de 14-18 et l'épidémie de grippe espagnole qui a suivi ont constitué une période autrement plus dramatique. Et je ne parle pas de la grande pandémie de peste qui a décimé le tiers de l'Europe au XIVe siècle ! Les progrès des Trente Glorieuses, ces fameuses années de prospérité économique de l'après-guerre, nous ont fait croire que nous allions vers une croissance illimitée, une société où il était possible de maîtriser nos destinées. Mais c'est oublier que l'histoire oscille entre des périodes de stabilité et de désordre, de violence, mais, malgré tout, le monde progresse !

Quel progrès vous frappe le plus ?

Jamais il n y a eu une telle sensibilité aux droits de l'homme. Aujourd'hui, on traduit des dictateurs devant la justice, et même si l'accueil des migrants se heurte à des difficultés, le sentiment d'humanité dans les consciences se renforce. On ne supporte plus l'image d'enfants morts ...

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