Frédéric Forte secoue le basket français

le , mis à jour à 15:40
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Alors que la FFBB et la LNB ont pris ouvertement et clairement position en faveur de la FIBA et de sa Basketball Champions League concernant l'avenir du basketball européen de clubs, le président du CSP Limoges Frédéric Forte a exprimé une opinion différente, ce qui lui vaut une convocation par la Fédération.

Le conflit ouvert et délétère entre la FIBA et l’ECA, société organisatrice de l’Euroligue, continue de pourrir la vie du basketball français. Alors que la Fédération Internationale a officiellement présenté sa Basketball Champions League (BCL) et pris des mesures pour éviter que l’ECA n’affaiblisse cette nouvelle compétition avec une Eurocoupe plus ouverte, la Fédération Française a emboité le pas à la FIBA et a clairement menacé tout club souhaitant de rallier à l’Euroligue d’une exclusion du championnat de France. Une position qui ne semble pas faire l’unanimité au sein des clubs.

Frédéric Forte et les incohérences du basketball français

Celui qui est sorti de l’ombre pour critiquer les atermoiements des dirigeants du basketball français, c’est le président du CSP Limoges Frédéric Forte. Une prise de position polémique faite par l’entremise d’une « lettre ouverte à moi-même » que le dirigeant du CSP a publié sur sa page Facebook personnelle. S’il loue la prise de position du Secrétaire d’Etat au Sports Thierry Braillard et du président du CNOSF Denis Masseglia, il a chargé le président de la FFBB Jean-Pierre Siutat, qu’il voit comme une girouette. « Le président de la LNB, après avoir accordé son soutien à l’Euroligue en Septembre, a pris la présidence de la BCL en Décembre, avant d’annoncer la semaine dernière qu’il ne fermait pas la porte à l’Euroligue, pour finalement soutenir samedi la BCL, résume Frédéric Forte. Entre chaud et froid, chacun défend le principe et son contraire afin de préserver les intérêts de tous, et surtout les siens ! » Dans cette longue lettre, le dirigeants limougeaud met également en avant les incohérences des décisions prises par la LNB et la FFBB, qui sont vent debout contre la prise en compte de critères économiques et non sportifs par l’ECA alors que la LNB a étendu la Pro A à 18 clubs en invitant deux clubs sur de tels critères et non des critères sportifs, mais aussi l’inconsistance de la position de la Ligue vis-à-vis de Strasbourg, possiblement invité en Euroligue s’il remporte l’Eurocoupe cette saison.

L’équipe de France, le coeur du problème ?

Alors que l’ECA a tenté de rallier les clubs européens à sa cause via un projet d’Eurocoupe plus ouverte et offrant un ticket pour l’Euroligue, Frédéric Forte n’a pas caché que cette proposition l’intéresse et que son club a fait acte de candidature mais à la condition que le calendrier européen ne soit pas néfaste pour celui de l’équipe de France. Et c’est cette dernière que la FFBB a mis en exergue pour justifier son opposition à l’Euroligue, qui n’est pas prête à accepter le calendrier international libérant des fenêtres pour les qualifications à la Coupe du monde. C’est là-dessus que Frédéric Forte charge un peu plus les dirigeants du basketball français. « En opposant les problématiques des équipes nationales et de formation, nous cherchons surtout à montrer que notre chien a la rage. Nando de Colo, meilleur joueur français hors NBA, serait-il plus facilement libéré pour jouer les tours qualificatifs avec l’équipe de France en Octobre 2017 s’il évolue en NBA, au CSKA Moscou ou dans un club français en Euroligue, se demande le président du CSP Limoges. Le passage de 5 étrangers en 2015-16 en Pro A, à 6 en 2016-17 (4 américains + 2 européens) est-elle une décision qui facilitera l’éclosion des jeunes ? » Face à ces critiques absolument pas voilées de la position du basketball français, la FFBB a décidé de convoquer Frédéric Forte devant un Bureau Fédéral « exceptionnel », en présence d’une délégation de la LNB. L’avenir trouble du basketball européen de clubs ne cesse de perturber la vie du basketball français, et on peut craindre que ce ne soit pas encore terminé...

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Posté par Frédéric Forte sur jeudi 24 mars 2016
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