Frédéric Buzaré (Dexia AM) : « En 2012, le marché risque d'être de nouveau extrême et binaire »

le
7
Un processus de désendettement est toujours long et périlleux. La clé de l'appréciation du marché passe par la contraction de la prime de risque estime Frédéric Buzaré, responsable de la gestion actions chez Dexia AM.

En 2011, les marchés actions n'ont pas résisté à l'aggravation de la crise des dettes souveraines à partir de l'été. Peut-on envisager un rebond en 2012 ?

Frédéric Buzaré : La complaisance n'est pas de mise mais les espoirs sont permis. La prime de risque atteint désormais des niveaux historiquement élevés. Les marchés actions sont l'otage de la macroéconomie et payent l'aversion au risque extrême des investisseurs. Car les profits des entreprises sont très bien orientés depuis trois ans et le consensus attend une hausse des bénéfices de 7% en 2012. Mais cela n'a pas empêché la contraction des multiples de valorisation. Les réponses politiques apportées à la crise vont donc rester la clé de l'évolution des indices boursiers. Par conséquent, le marché risque d'être de nouveau extrême et binaire.

Après les accords de Bruxelles, la zone euro est-elle sauvée selon vous ?

F.B : Ce processus de désendettement est long et périlleux mais la feuille de route est tracée. Les pays européens sont condamnés à se réformer et à organiser une meilleure solidarité fiscale. Certes, la BCE n'a pas obtenu de mandat d'acheteur en dernier ressort mais elle a déjà fait beaucoup. Il n'a pas été assez souligné qu'elle a récemment décidé d'apporter aux banques des liquidités à volume illimité et à taux fixe pour une durée de trois ans ! En 2012, la mise en place des réformes structurelles des économies européennes sera scrutée à la loupe. La marge de manoeuvre entre rigueur budgétaire et soutien à la croissance est étroite.

A court terme, quel est votre scénario ?

F.B : La clé de l'appréciation des marchés réside dans la contraction de la prime de risque. A court terme, les indicateurs avancés se stabilisent à un niveau d'activité médiocre et les indicateurs de surprise économique se retournent à la hausse aux Etats-Unis. La désaffection actuelle des marchés actions contraste avec la bonne situation financière des entreprises. Les marchés actions sont aujourd'hui largement délaissés par les investisseurs. Pourtant, le contexte de liquidités abondantes et de taux d'intérêt très bas devraient contribuer à maintenir des taux d'intérêts réels (en prenant compte de l'inflation) négatifs. C'est un élément favorable aux marchés actions. D'autant que les valorisations actuelles intègrent une croissance nulle des bénéfices pour les prochaines années.

Quels types de valeurs privilégier ?

F.B : Les valeurs de croissance devraient rester en vogue aussi longtemps que la dynamique macroéconomique sera incertaine. Elles offrent le meilleur couple risque-rentabilité. La reprise passe par l'investissement et l'innovation et devrait soutenir les sociétés innovantes et entrepreneuriales. Ces dernières devraient bénéficier d'une expansion de leur multiple de valorisation. Côté sectoriel, il faut privilégier les grandes pétrolières (BP) qui sont sous-valorisées alors que les découvertes de gros gisements s'accélère. Le secteur de la consommation de base (Danone, Nestlé etc.) est également bien positionné dans le contexte actuel (forte génération de cash, croissance organique robuste). A contrario, le marché devrait continuer à se méfier des valeurs domestiques perçues comme des valeurs de rente et qui pourraient être pénalisées par la nouvelle donne fiscale et économique.

Faut-il revenir sur les pays émergents ?

F.B : L'année a été marquée par la sous-performance des pays émergents. Ils se payent à nouveau avec une décote par rapport aux pays développés pour un taux de croissance supérieur et l'inflation est désormais sous contrôle. Un point d'entrée se dessine pour cette zone pour le second trimestre 2012. Attention toutefois au risque monétaire et à l'émergence d'un « shadow banking system » en Chine. Parmi les valeurs émergentes à privilégier, citons Samsung, China Mobile ou le brésilien Petrobras.

Propos recueillis par Julien Gautier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • gendrefr le lundi 26 déc 2011 à 22:34

    oui papymujo t'as raison

  • Bear666 le vendredi 16 déc 2011 à 17:36

    Le S&P ira à 600 pts. Regardez vos graphiques, c'est clair comme de l'eau de roche ! Le CAC suivra ... le reste n'est que bavardage inutile.

  • M3818733 le vendredi 16 déc 2011 à 16:35

    Comme nos dirigeants.Peut-etre oui,peut-etre non.

  • papymujo le vendredi 16 déc 2011 à 15:53

    Dexia? Sont pas en +- faillite?

  • gaia2011 le vendredi 16 déc 2011 à 14:56

    Je rejoins aussi l'avis de M1598359. Pourquoi voulez-vous que des gens dont les avis, suivis depuis des années, nous ont conduit à la situation actuelle sans qu'ils ne voient rien venir soient capables de nous en sortir ?

  • gaia2011 le vendredi 16 déc 2011 à 14:53

    Le trade gagnant c'est le livret de caisse d'Epargne : 1) le capital est garantis, 2) les intérêts sont garantis et immédiatement ajoutés au capital, 3) l'argent placé est utilisé pour construire de l'hébergement social donc investi en France dans un but social....

  • M1598359 le vendredi 16 déc 2011 à 11:42

    un conseil d'ami : le bal des conseils, prévisions et analyses pour 2012 commencent. Si vous faites l'inverse de ce que nos éminences grises prévoient, vous avez 90% de chance de faire de bons trades gagnant.