Frappé par un séisme meurtrier, le Népal lance un appel à l'aide

le , mis à jour à 23:35
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* Le tremblement d'une terre a atteint une magnitude de 7,9 * Le dernier bilan, toujours provisoire, fait état de 1.382 morts * Les opérations de secours ont été suspendues pour la nuit * Une avalanche a enseveli une partie du camp de base de l'Everest par Gopal Sharma et Ross Adkin KATMANDOU, 25 avril (Reuters) - Un très violent séisme a frappé samedi Katmandou et le centre du Népal, faisant près de 1.400 morts dans le petit pays himalayen qui a lancé un appel à la solidarité internationale. La secousse d'une magnitude de 7,9 sur l'échelle de Richter a été également ressentie sur les pentes du mont Everest où une avalanche a partiellement détruit le camp de base, faisant plusieurs morts. La terre a aussi tremblé au Tibet, dans le nord de l'Inde et au Bangladesh. A la tombée de la nuit, le dernier bilan communiqué par les autorités népalaises faisait état de 1.382 morts, dont 300 dans la capitale et 630 dans la vallée de Katmandou. Mais les sauveteurs s'attendent à ce qu'il s'alourdisse encore lorsque reprendront les recherches, dimanche matin. "Notre pays traverse une situation de crise, et nous allons avoir besoin d'un énorme soutien et de beaucoup d'aide", a déclaré le ministre de l'Information, Minendra Rijal. Les Etats-Unis ont annoncé l'envoi d'une équipe de secouristes et promis le déblocage immédiat d'une aide d'un million de dollars pour "répondre aux besoins urgents". L'Inde, qui a aussi subi les effets du tremblement de terre, a de son côté envoyé des avions militaires avec du matériel médical et des équipes de sauveteurs à bord. (voir ID:nL8N0XM0L5 ) La France, où des ONG comme Médecins du Monde ou Action contre la faim, a indiqué qu'elle se tenait prête à répondre aux demandes de secours et d'assistance que les autorités du Népal pourraient lui adresser. "PRATIQUEMENT TOUT LE PAYS EST TOUCHÉ" Le séisme est le plus grave survenu au Népal depuis celui de 1934 qui avait fait plus de 8.500 morts. Son épicentre, localisé à mi-distance environ entre Katmandou et Pokhara, la deuxième ville du pays, était peu profond, seulement deux kilomètres selon l'USGS, l'institut américain de veille géologique, ce qui a aggravé les conséquences. "Ce ne sont pas seulement quelques régions du Népal qui sont dévastées. Pratiquement tout le pays est touché", a déclaré de son côté Krishna Prasad Dhakal, chef de mission adjoint à l'ambassade du Népal à New Delhi. Les hôpitaux de ce pays pauvre de 28 millions d'habitants ont été rapidement saturés, d'autant que la crainte de répliques sismiques a conduit les responsables des structures de soins à ordonner des évacuations de patients, regroupés dans des tentes dressées à l'extérieur. Au Bhaktapur Hospital, en banlieue de Katmandou, Ramesh Pokharel, un membre du personnel, indique qu'une cinquantaine de corps ont été rassemblés dans un champ voisin. Mais les personnels soignants sont à ce point débordés qu'ils ne peuvent tenir à jour le registre des décès. "Ici, c'est le chaos", dit-il. A Katmandou, des blocs entiers d'habitations ont été réduits en ruines. La tour historique de Bhimsen, ou Dharara, un monument construit en 1832 et haut de 14 étages, ouvert aux visiteurs depuis dix ans, s'est effondrée sous la secousse, ne laissant qu'un morceau de structure d'une dizaine de mètres de haut. On craint un bilan important en raison de la fragilité des habitations de la ville, qui compte de nombreux temples hindous en bois. Des photographies mises en ligne sur internet montrent des bâtiments détruits, notamment des temples du quartier historique, de larges fissures au milieu des rues et des habitants angoissés assis dehors, certains avec leur bébé dans les bras. "Ce séisme, c'est le scénario cauchemardesque: ce pays a subi des conflits terribles et souffre d'une mauvaise gestion gouvernementale et d'une pauvreté déchirante, toutes choses qui ont créé et entretiennent la vulnérabilité que cette catastrophe met épouvantablement en lumière", estime Ian Kelman, de l'Institut pour la réduction des risques et des catastrophes de Londres. AVALANCHE SUR LES PENTES DE L'EVEREST Les informations en provenance d'autres régions du pays circulent mal. "Nous sommes totalement coupés de la plupart des régions du pays", a dit Ram Narayan Pandey, de l'Autorité népalaise de gestion des catastrophes, l'agence qui coordonne les secours à partir de Katmandou. Une avalanche provoquée par le séisme s'est détaché de l'Everest, ensevelissant une partie du camp de base, sur le versant népalais. Selon des responsables du ministère népalais du Tourisme, un millier de personnes, dont quelque 400 alpinistes étrangers qui voulaient profiter de la période climatique réputée favorable à l'ascension, étaient présents aux abords du camp de base au moment de la catastrophe. Choti Sherpa, qui travaille pour l'Everest Summiteers Association (ESA), association qui regroupe des himalayistes, a dit n'avoir pu contacter personne. "Nous essayons tous d'entrer en contact, mais c'est impossible", a-t-elle dit. Le bilan provisoire de l'avalanche oscillait samedi soir entre dix morts, selon le ministère, et dix-huit morts, d'après l'armée indienne qui a expédié une équipe de sauveteurs sur place. "Enorme séisme sur le camp de base de l'Everest et énorme avalanche sur le Pumori. Suis sorti de ma tente en courant pour sauver ma vie. Sain et sauf. Beaucoup beaucoup de gens sur la montagne", a tweeté un alpiniste roumain, Alex Gavan, du mont Pumori, situé à 8 km environ à l'ouest de l'Everest. Un autre alpiniste, Daniel Mazur, a déclaré que le camp de base de l'Everest avait été "gravement endommagé" et que son groupe était pris au piège. "Priez pour nous tous", a-t-il dit sur Twitter. En avril 2014, une avalanche survenue juste au-dessus du camp de base avait coûté la vie à 16 guides népalais. Le mois d'avril est l'un des plus favorables pour l'ascension du Toit du monde, avant l'apparition de la pluie et des nuages à la fin mai. A cette époque de l'année, le Népal est très fréquenté par les touristes, attirés par les sommets de l'Himalaya et les circuits de trekking. Selon le ministère, 300.000 ressortissants étrangers séjournent actuellement dans le pays. La secousse a également été ressentie à New Delhi et dans d'autres villes du nord de l'Inde, rapportent des témoins. Le bilan serait de 44 morts au moins. (Avec Andrew MacAskill, Mayank Bhardwaj et Krist Mahr à New Delhi, Sharat Pradhan à Lucknow, Major Chaurasia à Patna et Serajul Quadir à Dacca,; Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

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