Franz Beckenbauer ist Deutschland

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Franz Beckenbauer ist Deutschland
Franz Beckenbauer ist Deutschland

Aimer le Kaiser, c'est aimer le football, la liberté, et par extension, l'Allemagne. Parce que la trajectoire du joueur et de son pays se confondent irrémédiablement. Retour sur la vie et l'oeuvre d'un grand enfant à qui on pardonne tout.

Pourquoi aime-t-on le football ? Chacun a sa propre raison, souvent un souvenir. Sport le plus simple d'entre tous, on n'a besoin de presque rien pour y jouer, et partout. Toujours est-il qu'il n'y a pas besoin de raison. Drogue dure, le football se consomme sans relâche, attention à ne pas tomber dedans. Ses effets sont nombreux : divertissant, passionnant, fédérateur, réunificateur. Créateur de fierté ? Depuis qu'on lui construit des temples tant en béton qu'en caméras, il a infiltré la moindre parcelle de nos existence, occupant irrémédiablement notre espace vital. Sans être forcément l'opium du monde, il n'en demeure pas moins ce qu'on a fait de plus proche d'une religion depuis des millénaires. Encore jeune si l'on en croit la date du 26 octobre 1863, le football est encore dans sa phase païenne, aux idoles multiples. Reste à choisir sa paroisse.

Pensons un instant à son pouvoir. Qui est le Brésilien le plus connu, comme ça, spontanément ? Pelé, sans doute. Ou peut-être Ronaldo si vous avez grandi dans les années 1990. Pas Heitor Villa-Lobos, Paulo Coelho, Elis Regina ou Dilma Roussef. L'Argentin ? Che Guevara, le " Che " à T-shirt, suivi d'une courte tête par Maradona, l'homme de " La Main de Dieu ", et Messi, dont le nom dit tout. Pas facile de penser à José de San Martín ou Jorge Luis Borges. Le football fascine l'Amérique du Sud plus que tout ailleurs, et son football nous fascine. Nous aussi, nous adorons ses idoles. Jusqu'à leur identifier leur pays. Pelé, c'est le Brésil. Maradona, c'est l'Argentine. Et quelque part, Beckenbauer, c'est l'Allemagne. Oui, Franz n'est peut-être pas le plus connu des Allemands. La faute à des Gutenberg, des Luther, Bach, Beethoven, Wagner, Schiller, Marx, Nietzsche, Einstein, certaines personnes non notables, Anne Franck, Adenauer, Merkel, Schumacher même. Faites de la musique, inventez des trucs, faites des guerres et voilà le résultat. Franz n'en demeure pas moins profondément allemand, la meilleure raison d'aimer ce pays. Rangez votre Ricardo Villalobos.

Des ruines au sommet


La trajectoire de Franz Beckenbauer épouse parfaitement celle de l'Allemagne moderne. Né sur un champ de bataille, le quartier ouvrier de Giesing, Munich, détruit comme le reste, il ouvre les yeux le 11 septembre 1945. Le monde est en paix depuis moins de dix jours. Il…




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