François Villeroy de Galhau plaide pour une réorientation de l'épargne

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(NEWSManagers.com) -

Le gouverneur de la Banque de France a de la suite dans les idées. Le 2 février, à l'occasion des 25es Rencontres parlementaires de l'Epargne, François Villeroy de Galhau n'a pas hésité à remonter au créneau pour plaider en faveur d'une réorientation de l'épargne vers l'investissement alors que les épargnants français privilégient de plus en plus les placements sûrs. " Le poids des actifs risqués dans le patrimoine des ménages est supérieur dans la zone euro à ce qu'il est en France (89 % du PIB contre 74 % au T4 2014), et près de trois fois et demie supérieur aux États-Unis (250 % du PIB). Une bonne part de l'écart avec les États-Unis s'explique par l'importance des fonds de pension, mais la détention d'actions par les ménages y est aussi nettement plus élevée" , a relevé François Villeroy de Galhau.

Dans ce contexte, a estimé le gouverneur, " il faut d'abord répercuter progressivement la baisse des taux d'intérêt sur la rémunération de l'épargne sans risque. C'est pourquoi j'ai proposé la baisse des taux des nouveaux PEL, fixés à 1,5 % depuis hier, et c'est pourquoi il faudra poursuivre résolument la baisse des rendements de l'assurance-vie investie en fonds euro, au-delà des baisses annoncées cette année" . Il serait ensuite souhaitable de développer des produits nouveaux. Les épargnants français ne vont devenir " américains" dans leurs comportements et leur appétit pour le risque mais " le débat français gagnerait à beaucoup mieux distinguer deux aspirations des épargnants dans leur aversion au risque : la sécurité et la liquidité" .

L'attachement des épargnants pour la sécurité est fort mais concernant la liquidité, les Français ont de plus des perspectives de long terme avec la prolongation de la durée de vie, la baisse du taux de remplacement des retraites, ou encore l'accroissement des risques liés au grand âge. " Il faut donc pouvoir leur proposer des produits d'épargne adaptés : moins liquides, assortis ou non d'une protection en capital sur le long terme, et pouvant bénéficier du meilleur rendement des actions sur la durée. Et il faut à tout le moins éviter des distorsions fiscales au détriment de ces produits par rapport à l'épargne liquide et sans risque. Cette neutralité fiscale devrait, symétriquement, se retrouver du côté des entreprises financées : éviter de favoriser le financement par dette plutôt que par capitaux propres" , a expliqué François Villeroy de Galhau.

Le gouverneur a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer la transparence et l'information des épargnants sur le couple " rendement-risque " de leurs investissements à différents horizons. " C'est le rôle-même des intermédiaires financiers que de mutualiser l'épargne, c'est-à-dire d'assurer la transformation entre des passifs prudents - l'épargne - et des actifs plus risqués - l'investissement. Mais c'est le devoir des professionnels que de bien éclairer leurs clients sur la nature des investissements réalisés, y compris via les contrats d'assurance-vie multisupports (et notamment les contrats en unités de compte)" , a-t-il précisé.

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  • boudet le lundi 15 fév 2016 à 11:58

    faudrait déjà un "vrai" gouvernement avant de penser à réinvestir dans les actions

  • jeepinv le lundi 15 fév 2016 à 11:39

    La fiscalité française est totalement dissuasive pour celui qui serait prêt à prendre des risques. Merci Monsieur Hollande, les socialistes et les syndicalistes.

  • newwin le lundi 15 fév 2016 à 11:39

    faudrait déja penser a baisser la fiscalité sur les placements actions

  • coburnsw le lundi 15 fév 2016 à 11:38

    un banquier qui decouvre l eau chaude un regal