François va sillonner le Mexique de la pauvreté et de la violence

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    par Philip Pullella et David Alire Garcia 
    MEXICO, 13 février (Reuters) - De la frontière américaine 
jusqu'au Sud indien, le pape François va visiter certaines des 
régions les plus déshéritées et les plus violentes du Mexique, 
au cours de sa visite pastorale de cinq jours. Ce samedi, il 
doit célébrer une messe dans la basilique de Notre-Dame de 
Guadalupe, sainte patronne du pays. 
    Plusieurs centaines de milliers de personnes sont attendues 
à cette messe, samedi après-midi, dans la capitale Mexico. 
    "N'ayez pas peur! Voilà ce qu'elle me dit", a dit le 
souverain pontife avant le début de sa visite, ajoutant qu'il 
souhaitait méditer en silence devant l'image de Notre-Dame de 
Guadalupe, dans la basilique qui lui est dédiée. 
    Le pape est arrivé à Mexico vendredi soir en provenance de 
Cuba, pour sa première visite au Mexique en tant que chef de 
l'Eglise catholique. Il a été accueilli par une foule en liesse, 
un orchestre de mariachis et par le président Enrique Peña 
Nieto. 
    Son voyage apostolique au Mexique doit être dominé par les 
défis à relever face à la pauvreté, la criminalité et leur 
corollaire, l'émigration de nombreux Mexicains vers les 
Etats-Unis. 
    Plus de 100.000 personnes ont été tuées depuis dix ans dans 
la guerre entre narcotrafiquants et entre les cartels de la 
drogue et les forces de l'ordre. Vingt-six mille autres 
personnes sont portées disparues. 
    Parmi les victimes de cette guerre figure le cas 
emblématique des 43 étudiants portés disparus depuis septembre 
2014 à Iguala, dans l'Etat de Guerrero, et apparemment 
massacrés. 
    Et signe que la violence ne connaît pas de répit, 49 
personnes ont été tuées dans un affrontement entre bandes 
rivales dans une prison du pays, quelques jours avant l'arrivée 
du pape. 
    Les proches des étudiants portés disparus accusent le 
gouvernement du président Enrique Peña Nieto de chercher à 
étouffer cette affaire et aimeraient que François intervienne 
pour les aider à faire éclater la vérité. Aucune rencontre 
privée avec le pape n'est cependant prévue. 
    "Le pape (...) va voir comment les institutions ont voulu 
tourner la page et laisser ce crime impuni. Il va se rendre 
compte à quel point les cartels de la drogue ont infiltré le 
gouvernement", déclare Meliton Ortega, dont le fils Mauricio 
fait partie des disparus. 
     
    FACE AU SOUVENIR DE JEAN PAUL II 
    Des parents des 43 étudiants d'Iguala assisteront à la messe 
que le pape célébrera mercredi prochain à Ciudad Juarez, à la 
frontière des Etats-Unis, qui a été pendant des années l'une des 
villes les plus violentes du pays. 
    François célébrera aussi une messe avec les communautés 
indigènes lundi dans l'Etat du Chiapas, le plus pauvre du 
Mexique. Il s'adressera à la jeunesse mardi à Morelia, capitale 
de l'Etat du Michoacan, frappé lui aussi par la violence, et 
rendra visite mercredi à des prisonniers à Ciudad Juarez. 
    Avant sa visite, le pape a appelé les Mexicains à combattre 
la corruption et le trafic de drogue. 
    "Le Mexique de la violence, le Mexique de la corruption, le 
Mexique du trafic de drogue, le Mexique des cartels, ce n'est 
pas le Mexique que veut Notre Mère", a-t-il dit dans une vidéo 
diffusée la semaine dernière, faisant référence à la Vierge de 
Guadalupe, patronne du Mexique. 
    "Bien sûr, je ne veux pas cacher tout cela. Au contraire, je 
vous exhorte à combattre chaque jour la corruption, le trafic, 
la guerre, la division, le crime organisé et le trafic d'êtres 
humains", a ajouté le pape. 
    Le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, a 
déclaré que François tenait à se rendre dans des régions du 
Mexique où aucun souverain pontife ne s'est rendu avant lui et 
que la messe de Ciudad Juarez soulignait combien il était 
soucieux du sort des migrants. 
    "Cette messe sera célébrée juste à la frontière afin qu'on 
puisse la suivre des deux côtés", a dit le père Lombardi. "C'est 
une clôture, ce n'est pas la Grande Muraille de Chine." 
    Les Mexicains restent très attachés au souvenir du défunt 
pape Jean Paul II, qui avait effectué de nombreuses visites au 
Mexique durant son pontificat, et François a, jusqu'à présent, 
du mal à le supplanter dans leur coeur. 
    Selon un sondage réalisé par le journal Reforma en janvier, 
plus de la moitié des Mexicains disaient s'identifier surtout 
avec Jean Paul II, contre 14% pour l'actuel pape argentin. 
    Avant son arrivée à Mexico, le pape a fait halte quelques 
heures à Cuba, où il a eu une rencontre historique avec le chef 
de l'Eglise orthodoxe russe, le patriarche Cyrille. Les deux 
hommes ont appelé la communauté internationale à agir pour 
mettre fin à la persécution des chrétiens du Proche-Orient. 
(voir  ) 
 
 (avec Christine Murray, Anahi Rama et Lizbeth Diaz; Guy Kerivel 
et Eric Faye pour le service français) 
 
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