François Pérol, patron de BPCE, renvoyé en correctionnelle

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FRANÇOIS PÉROL RENVOYÉ EN CORRECTIONNELLE POUR PRISE ILLÉGALE D'INTÉRÊTS
FRANÇOIS PÉROL RENVOYÉ EN CORRECTIONNELLE POUR PRISE ILLÉGALE D'INTÉRÊTS

PARIS (Reuters) - François Pérol, président du directoire de BPCE, issu de la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires, est renvoyé en correctionnelle pour prise illégale d'intérêts dans l'enquête sur sa nomination à la tête du groupe, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

L'ordonnance de renvoi date du 3 février, a-t-on précisé de même source. Le Parquet national financier avait requis son renvoi en correctionnelle en novembre dernier.

"Cette étape est la suite logique de la procédure en cours", a dit à Reuters un porte-parole du groupe.

"Les faits étudiés concernent les conditions de la nomination de François Pérol à la tête de BPCE et en aucune façon sa gestion en tant que dirigeant", a-t-il ajouté.

"Le conseil de surveillance lui a renouvelé sa confiance à l'unanimité en février 2014 pour son mandat qui court jusqu'en avril 2017", a-t-il rappelé.

La prise illégale d'intérêts est passible de deux ans de prison et de 30.000 euros d'amende.

François Pérol a été mis en examen en février 2014 dans le cadre d'une enquête sur les conditions de sa nomination à la tête du groupe BPCE, maison mère de la banque Natixis, après avoir passé deux années à l'Elysée comme secrétaire général adjoint, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Le conseil de surveillance de BPCE lui avait renouvelé sa confiance dès le lendemain, à l'unanimité.

Interrogé le 4 novembre dernier à ce sujet à l'occasion de la publication des résultats trimestriels de BPCE, François Pérol avait refusé de s'exprimer. "Je n'ai aucun commentaire à faire dans la mesure où cela ne concerne pas la gestion du groupe", avait-il dit.

L'association Anticor et les syndicats CGT et Sud, dont les plaintes ont déclenché l'affaire, estiment que le fait pour le dirigeant d'avoir pris en 2009 la direction de la future BPCE constituait une prise illégale d'intérêts.

Selon eux, François Pérol avait pris part à l'Elysée aux négociations sur la création du groupe.

La loi interdit à un fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu'il a surveillée, avec laquelle il a conclu un contrat ou qu'il a conseillée sur ses opérations dans les trois ans précédant son passage du public au privé.

Le mandat de François Pérol à la tête du directoire de BPCE a été renouvelé en novembre 2012 pour quatre ans. Il est par ailleurs président de la Fédération bancaire française (FBF) depuis le 1er septembre, pour une durée d'un an.

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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