François Hollande veut un label européen en Centrafrique

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FRANÇOIS HOLLANDE VEUT UN LABEL EUROPÉEN EN CENTRAFRIQUE
FRANÇOIS HOLLANDE VEUT UN LABEL EUROPÉEN EN CENTRAFRIQUE

par Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - François Hollande souhaite transformer l'intervention militaire française en Centrafrique en opération européenne pour qu'elle bénéficie de financements européens et a annoncé jeudi l'arrivée imminente dans ce pays de 50 aviateurs polonais.

La décision de donner le label "européen" à cette opération de rétablissement de la paix dans une République centrafricaine, théâtre d'affrontements meurtriers entre milices chrétiennes et musulmanes, sera débattue vendredi au deuxième jour du Conseil européen de Bruxelles, a précisé le président français.

"Il ne peut y avoir de financement européen que si c'est une opération européenne", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse. "Et ça sera d'autant plus facile de l'obtenir que des Européens seront avec nous en Centrafrique."

François Hollande a précisé que "des contacts" étaient en cours avec des pays de l'UE pour qu'ils envoient des forces auprès des 1.600 soldats français déjà sur place.

Il a ainsi annoncé l'arrivée imminente d'un avion gros porteur polonais et d'une cinquantaine de militaires de l'armée de l'air polonaise pour faire de la maintenance.

"Si cette décision se confirme, à ce moment-là l'opération en Centrafrique sera considérée comme européenne et il y aura des financements européens", a-t-il ajouté.

Il a cependant estimé un peu plus tard que la participation d'un seul pays européen ne suffirait sans doute pas.

Selon un de ses proches, des discussions sont également en cours avec la Belgique.

Les éléments européens attendus en Centrafrique seront chargés de missions "complémentaires" à celle des soldats français, qui continueront à accomplir les plus dangereuses, c'est-à-dire, notamment, le désarmement des groupes armés, a ajouté François Hollande.

9.000 HOMMES POUR LA MISCA ?

Il a souligné que Paris n'avait pas nécessairement besoin de l'envoi de combattants en nombre. "La France assume la part la plus périlleuse de la mission mais nous souhaitons qu'il y ait une présence d'Européens à nos côtés", a-t-il souligné.

Il a rappelé que ce sont les soldats africains de la mission de stabilisation en Centrafrique, la Misca, qui seront amenés à prendre le relais des militaires français.

Il a précisé que les effectifs de la Misca, aujourd'hui quelque 3.700 hommes, pourraient dépasser à terme les 6.000 soldats. "On peut même imaginer que cela puisse aller jusqu'à 9.000", a déclaré François Hollande.

Il a dit avoir déjà obtenu de ses partenaires que l'intervention militaire en Centrafrique puisse bénéficier des ressources du fonds Athena si elle a le label européen.

Ce mécanisme a été créé en 2004 pour couvrir une partie des coûts communs des Etats membres engagés dans des opérations militaires européennes mais ses ressources varient de 156 millions d'euros en 2008 à 29 millions en 2012.

Plus généralement, François Hollande souhaite une révision des mécanismes de financement des missions et opérations extérieures de l'UE. La haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, a été chargée jeudi par le Conseil européen de remettre un rapport à ce sujet au premier semestre 2014.

Enfin, il a dit avoir pu "faire valoir" à ses partenaires de l'UE que l'Europe devait contribuer à une future force d'action rapide africaine, par des actions de formation ou la fourniture d'équipements, notamment.

"Il y aura une rencontre entre l'Afrique et l'Europe en avril prochain mais d'ores et déjà l'Europe est prête à accompagner, à former, à appuyer cette future force d'action rapide africaine", a-t-il assuré.

Emmanuel Jarry, édité par Bertrand Boucey

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  • 11881561 le vendredi 20 déc 2013 à 08:25

    Manque de pognon , rien de surprenant !