François Hollande veut concilier "l'humain et l'urbain"

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par Gilbert Reilhac

STRASBOURG (Reuters) - Rénovation de 600.000 logements anciens par an, fin des zonages, lutte contre les "ghettos scolaires" : François Hollande a présenté vendredi son projet pour la politique de la ville dans laquelle il dit vouloir associer "l'humain et l'urbain".

Le candidat à l'élection présidentielle a dit à Strasbourg son intention de créer un ministère de l'Egalité territoriale qui sera chargé de conduire cette politique autour des principes d'égalité, de cohérence et de concertation.

"Toutes les politiques publiques - logement, emploi, éducation, sociale, sécurité - seront amplifiées, démultipliées dans les quartiers de nos villes", a-t-il déclaré devant 300 personnes réunies dans un centre culturel du quartier de la Meinau, emblématique des zones urbaines en difficulté.

"On ne peut pas dissocier l'humain de l'urbain. On ne peut pas rénover, réhabiliter des immeubles, si on n'y met pas aussi de l'emploi, de l'animation, de la vie associative", a-t-il dit.

Alors que Nicolas Sarkozy était en visite à Meaux (Seine-et-Marne) sur ce même thème de la politique urbaine, l'élu PS a de même dénoncé "l'échec" du plan "Espoir banlieues" de 2008 qui avait été "présenté comme un nouveau plan Marshall".

"Le chômage est dans les quartiers à un niveau insupportable, double de la moyenne nationale et, pour les jeunes, il y a des cités où le taux de chômage atteint 30 à 40%", a encore rappelé le candidat.

Consacrant une longue partie de son discours à l'habitat, François Hollande a prôné la rénovation de 600.000 logements anciens par an afin de réduire leur facture énergétique.

20 MILLIARDS POUR LE LOGEMENT SOCIAL

"Ces travaux, ce sont des emplois pour le secteur du bâtiment et notamment pour les jeunes des quartiers populaires", a ajouté le député de Corrèze, qui a aussi rappelé sa volonté de mobiliser 20 milliards d'euros pour la construction de logements sociaux, via un doublement du plafond du livret A.

Il s'est engagé à affecter "en priorité" les 60.000 emplois qu'il veut créer dans l'Education nationale "aux cités populaires", de même que les 150.000 emplois d'avenir.

Le candidat socialiste s'est engagé à soutenir la création d'activités dans les quartiers périphériques par le biais d'une filiale de la Banque publique d'investissement.

Il a proposé de faire évoluer les zones franches de telle sorte que non seulement les entreprises qui s'y implantent, mais également leurs habitants, bénéficient d'une exonération de charges, où qu'ils travaillent. Il a estimé que tous les marchés publics devraient inclure une clause d'insertion sociale, soit un engagement à employer des personnes en difficulté.

Si François Hollande est élu, les ZRU, ZEP et autres ZUP, qui caractérisent les quartiers en difficultés, disparaîtront. "On est d'une France, on est de la République, on n'est pas d'une zone", a-t-il dit sous les applaudissements.

Pour offrir un cadre à ses propos, François Hollande avait choisi le quartier de la Meinau où près de la moitié des 17.000 habitants habitent dans un ensemble de 3.200 logements sociaux, objets, depuis une dizaine d'années, d'un projet de rénovation.

"Merci d'être venu nous voir. On ne veut pas être oubliés", lui a dit une habitante du quartier, "née à la Meinau", un quartier qu'elle dit ne pas vouloir quitter.

Avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par Yves Clarisse

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